Ewa – Sortie le 5 mars

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J- 1 avant la sortie de mon dernier thriller « Ewa », à l’occasion du lancement, le concours Facebook a remporté un franc succès. Voici le nom des gagnants pour les 5 exemplaires numériques dédicacés : [br][br]

  • Isabelle Botti
  • Delphine Leroy
  • Eric Lebeau
  • Sandrine Delarace
  • Christian Stéphanie[br][br]

Bravo à eux et merci à tous pour cette participation massive. Les 5 gagnants peuvent me contacter sur Facebook en message privé ou me laisser leurs e-mails en commentaire. Je prépare les fichiers dans l’après-midi 🙂 Pour tous les autres, on se retrouve ce soir sur le groupe de Damien Gruson « L’univers de Matthieu Biasotto« , à 21h00 je fais une vidéo en direct depuis l’atelier. On s’y retrouve pour discuter dans une ambiance détendue. En attendant voici le résumé et le chapitre #1. Prenez soin de vous ![br][br]

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Ewa – Résumé[br][br]

Elle s’appelle Ewa. Elle est particulière. Elle ne doit jamais se regarder dans un miroir. Jamais. Son don étrange est une malédiction qu’elle ne maîtrise pas. Son passé est difficile à porter. Il lui est impossible de partager son secret. Elle ne peut faire confiance à personne.[br][br]  

Enfermée « pour son bien » à Miedzeska, dans une pension pour filles au cœur de la Pologne, Ewa survit entre humiliations et sévices. Elle serre les dents en rêvant d’évasion, mais personne ne s’échappe de cet internat.[br][br]  

Alors pourquoi des filles disparaissent-elles sans laisser de traces ? Que deviennent-elles ? Et surtout… qui sera la prochaine ? Ewa ne doit jamais céder à l’appel des miroirs, elle le sait. Elle a juré. Et si la vérité se cachait dans son reflet ?[br][br]  

 

Chapitre 1[br][br]

Le moteur vient d’être coupé, les vibrations cessent immédiatement. C’est étrange comme sensation, je n’étais jamais montée dans une voiture jusqu’à aujourd’hui. Je l’entends retirer la clé du contact. Un silence embarrassé précède un soupir amer. Le genre de soupir qu’on laisse échapper avant de devoir se salir les mains. C’est un souffle pesant, qui murmure entre les lignes et dans l’habitacle : « Mon Dieu, qu’est-ce qu’on va faire ? » Il ne dit rien, mais je le comprends. Ça ne doit pas être évident. Est-ce qu’il voit mes larmes, au moins ? Est-ce que ça compte réellement ? Je n’en sais rien.[br][br]

Quelle heure est-il ? Encore confuse, je n’ai aucune notion du temps. J’ai sans doute perdu connaissance pendant plusieurs heures, certainement une partie de la nuit. Ma crise d’hystérie est terminée. Fini les pleurs, fini les hurlements, les coups de pied et les griffures pour me débattre. Je suis marquée à jamais et étrangement déconnectée de la souffrance qui m’a fait basculer. Ce doit être la conséquence du traumatisme, très certainement. Il ne me reste que des bribes de souvenirs atroces, mais je n’ai plus mal à l’intérieur. Je suis résignée et encore droguée. La dernière chose probablement intacte dans ma mémoire, c’est cette douleur aiguë provoquée par une seringue sur ma peau.[br][br]

Assise bien droite sur mon siège, comme une poupée de porcelaine, je tends l’oreille, en direction du conducteur. Le bruit de la portière m’interpelle. La voiture tressaute légèrement lorsqu’il abandonne le volant. Sa descente de la berline engendre un mouvement presque imperceptible. Il y a le son de l’herbe givrée qui craque sous ses pieds, alors qu’il fait le tour pour ouvrir de mon côté. Je ne peux pas le voir, j’ai les yeux bandés.[br][br]

L’air glacé d’un matin de décembre s’engouffre à l’intérieur, les températures négatives me font grelotter. L’hiver mord ma peau, mes cuisses chétives, mes bras nus et mon poignet blessé. Je suis simplement habillée d’un morceau de drap déchiré, j’ai dû quitter la maison dans la panique. Tout est allé très vite. Un frisson désagréable galope le long de ma colonne vertébrale. Est-ce que j’aurai bientôt des vêtements chauds ? Je l’ignore. Après la surprise de la fraîcheur, vient maintenant l’odeur. Ça sent la campagne et le sapin. Où sommes-nous exactement ? Je n’en ai aucune idée. Je sèche mes joues à tâtons, je dois me ressaisir. Je dois être forte. Il déglutit juste à côté de moi avant de m’adresser la parole.[br][br]

—   Donne tes mains.

Et je donne mes mains, sans discuter. Est-ce qu’il me fait peur ? Difficile à dire, la situation est tellement étrange. Il me noue les poignets à l’aide d’une épaisse corde rêche. Je devine qu’il tremble, mais ce n’est pas à cause du froid. Les Polonais sont habitués au climat rude, surtout dans la campagne, au sud de Cracovie. Non… si ses mains tremblent, c’est à cause de moi. Parce qu’il est en train de m’attacher, parce que j’ai les yeux bandés, parce que je suis encore mineure. Il paraît que s’il fait tout ça, c’est uniquement pour mon bien. Il paraît que je ne dois pas prendre le moindre risque et qu’il est plus sage de coopérer. Maintenant que les effets de la substance se dissipent dans mon organisme, il me ligote en me murmurant que cette mesure de précaution est préférable pour sa sécurité, ainsi que pour la mienne. Comment ne pas le croire quand il m’assure qu’on n’a pas le choix, que je dois lui faire confiance et quand il me répète que je suis tout à fait particulière ?[br][br]  

Lorsqu’il en a fini avec mes liens, je perçois le grincement des portes arrière dès leur ouverture. Qu’est-ce qu’il fabrique ? Je me raidis. Dans mon dos, on dirait qu’il s’attèle à la tâche en respirant de plus en plus fort, ce qui déclenche une nouvelle ondulation discrète de la traction. Les amortisseurs de la Fiat sont soulagés d’un premier poids. Puis rapidement d’un second et d’un troisième. Trois corps. Je n’ai pas eu l’occasion de leur dire adieu. Ni même pardon. Il s’agit de deux prêtres, et de mon père. Mon chauffeur, essoufflé, semble les déposer à terre.[br][br]

Alors que les dépouilles sont traînées une à une, un peu plus loin, un clapotis paisible – presque mélodieux – me parvient en arrière-plan. Est-ce que nous sommes à côté d’un lac ? Je le suppose. Les trois victimes sont jetées dans l’eau à proximité. J’entends le murmure de sa foulée, lente et déterminée. Lorsqu’il revient dans ma direction, il est froid et méthodique, incroyablement calme. Il me semble identifier le bruit d’une friction sur la banquette arrière, j’imagine qu’un chiffon rageur vient à bout du sang, laissé sur les sièges souillés par les corps transportés. Il n’est pas pressé, il ne panique pas. J’en déduis que nous sommes seuls, et que personne ne saura ce qui est arrivé. Je pense qu’il a pris ses précautions pour ne pas se faire remarquer. Une voiture, une belle Fiat comme celle-ci, ne passe pas inaperçue. Surtout dans les années trente.[br][br]

Il referme la berline puis s’installe au volant. Il a peut-être même pris soin de décrotter ses souliers avant de monter, ça ne m’étonnerait pas. L’élégante traction se met en route mollement, je ne connais pas notre destination. Les seules questions qui me viennent sont d’un tout autre genre :[br][br]

—   Est-ce que je pourrai revenir un jour ?

—   Je ne pense pas.

—   Est-ce que vous l’avez enterrée avant de partir ?

—   Tiens-toi tranquille, la route va être longue.

—   Dites-moi… l’avez-vous enterrée ?

—   Oui, je tenais à le faire. Je me suis occupé de ta mère.

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Merci et rendez-vous demain pour le lancement 🙂  Je ne suis jamais très loin, n’hésitez pas à me laisser un commentaire. [br][br]

 

 

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3 réflexions au sujet de « Ewa – Sortie le 5 mars »

  1. Bonjour Matthieu! J’ai hâte de connaître la suite! Ma curiosité est « à point ». Encore quelques heures… . Juste une petite question (si ce n’est pas indiscret). Pourquoi la Pologne? Pour ma part, je viens du sud-est de ce beau pays, je connais bien Cracovie et je m’appelle Ewa. D’où l’avidité de savoir.
    A bientôt pour la lecture du livre complet.

    1. Merci Ewa pour ce commentaire et pour ta question. La Pologne fait partie de mon histoire, mais de loin, contrairement à toi. Ma grand-mère vient de Cracovie, j’aime la culture slave, j’y trouve un aspect fascinant… j’imagine que ce texte était l’occasion pour moi de renouer avec toute cette partie de mon enfance 😉

  2. Bonjour,

    Ewa est mon 1er thriller . J’adore !! Il me tient en haleine. J’y pense même la journée ! ! Je lirai vos autres ouvrages !!

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