Discussion avec Jonathan Mazo

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Je lâche mes pinceaux, j’abandonne mes carnets et je me jette sur ma tablette graphique au service de mes copains indépendants. Nouvelle interview pour ma rubrique couverture, j’accueille aujourd’hui Jonathan Mazo.

 

Salut, Jonathan ! Ravi d’avoir pu collaborer avec toi sur ton nouveau roman. Est-ce que tu peux te présenter à mes lecteurs et nous expliquer en deux mots pourquoi tu as choisi l’écriture ?

Bonjour, Matthieu, et merci à toi de m’accorder un peu de ton temps. En quelques mots, je suis un auteur indépendant, libre de toutes contraintes et maître de mes idées. Je tente toujours, lorsque j’écris, de faire passer un message. Et peu importe la manière dont il sera perçu. Le principal est de me dire que j’ai été au bout de ce que j’avais en tête.

En ce qui concerne l’écriture en elle-même, j’écris depuis toujours. Les premiers temps, c’était un exutoire. J’écrivais principalement des chansons puis j’ai découvert la plume d’Amélie Nothomb, il y a une quinzaine d’années, et je me suis dit qu’il était temps, à mon tour, d’écrire mes propres histoires. Après deux romans avortés, « Tout le monde connaît Lola » était né.

J’ai remarqué que la Femme t’inspire (et j’apprécie). Pourquoi le sujet te passionne et quels sont les thèmes que tu aimes aborder ?

Je parle uniquement de ce que je connais et de ce que j’ai vécu. Je puise donc mon imagination dans mes relations amoureuses qui sont souvent chaotiques. Pour « Lola », j’ai voulu jouer exclusivement sur la dérision pour me permettre de me détacher du texte. Le roman qui va paraître sera le deuxième de ma trilogie homme/femme. Ensuite, je m’attaquerai à un autre sujet qui me tient à cœur : l’injustice.

L’injustice, tout un programme… Comment es-tu arrivé à l’autoédition ?

 

Un an avant la sortie de « Lola », je me suis intéressé de près à la chose. Je savais que l’on pouvait publier sur Amazon sans passer par l’édition traditionnelle. Mais je n’en connaissais pas les rouages. Du coup, j’ai glané ci et là, quelques infos auprès d’autres auteurs qui se sont lancés avant moi, et j’ai lu quelques articles sur le sujet pour éviter de passer inaperçu le jour de la sortie.

Je crois qu’on débute tous un peu de la même manière. Tu peux nous parler de ton projet « Le complexe de Cendrillon » ?

Je n’ai pas réellement de souvenir de la manière dont cette idée m’est venue, mais je trouvais le point de départ suffisamment intéressant pour en faire un roman. J’ai donc laissé germer cette idée dans ma tête, puis quelques mois après la sortie de « Lola », j’ai décidé de coucher sur le papier les premiers éléments. Je procède toujours ainsi, même si je connais toujours la fin avant de commencer. Et l’histoire s’est emballée dès lors que le personnage féminin est apparu. Ce que j’avais prévu au départ n’a donc pas eu lieu. Entre temps, il y a eu et le mouvement #metoo suite à l’affaire que tout le monde connaît. Je ne m’étalerai pas sur le sujet, mais ce qui m’a choqué – et qui me choque encore – c’est la représentation de l’homme de manière général qui est faite depuis cette affaire. Et j’avais envie, en tant qu’auteur et homme, d’apporter moi aussi ma pierre à l’édifice. La première partie du roman – qui est relativement courte – est assez particulière. J’ai voulu pousser la lâcheté de l’homme à son extrême, tout en le faisant passer pour un prédateur, vu que c’est la représentation de l’homme d’aujourd’hui. Ensuite, le roman prend une tout autre tournure avec l’arrivée du personnage féminin. Chacun interprétera cette histoire selon sa sensibilité. Pour ma part, c’est un roman qui n’a de sens que dans sa globalité. Il est impossible d’émettre un avis sur celui-ci sans avoir été jusqu’à la dernière phrase.

À propos du visuel, quelle ambiance souhaitais-tu retranscrire avec ta couverture ?  C’est le moment de nous vendre du rêve !

Je voulais qu’elle ait une résonance particulière. Tout le monde connaît l’histoire de Cendrillon. Je t’ai alors suggéré de mettre quelques symboles liés à son histoire. La chaussure et son talon cassés se sont imposés d’eux-mêmes. Pour le reste, je t’ai décrit l’ambiance que je souhaitais et le thème du livre, puis tu as conçu la couverture à partir de ces éléments.

Selon toi, est-ce que la couverture est déterminante pour le succès d’un livre ? À plus forte raison sur les plateformes comme Amazon ?

Je suis très attaché au visuel. Je me devais donc à mon tour de faire quelque chose qui soit à la hauteur de ce que j’apprécie chez les autres. Je pense que le succès d’un livre est très aléatoire. Et la chance rentre beaucoup en ligne de compte. Bien plus que le talent et le travail. Mais il est certain qu’une couverture réussie à plus de chance d’interpeller un futur lecteur.

À propos du titre, tu as eu l’inspiration immédiatement ? Il s’est imposé au début du projet, en cours d’écriture ou en toute fin ?

Le premier titre n’était pas celui-ci. Pendant toute la durée de l’écriture, j’avais ce titre en tête, mais j’avais l’intime conviction que je m’égarais. Le titre avait une résonance « thriller », alors que le « Complexe » penche davantage du côté dramatique. Et c’est dans sa dernière phase d’écriture que je me suis aperçu qu’il y avait énormément de ressemblance avec l’histoire de Cendrillon. Je suppose que c’était inconscient. Et je me suis souvenu de cet article qui parlait du « Complexe de Cendrillon ». J’avais trouvé mon titre qui sciait parfaitement à mon histoire.

En tant qu’auteur, qu’est-ce que tu attends d’une bonne couverture ?

C’est difficile de répondre. Ce qui est « bon » pour moi ne l’est pas spécialement pour les autres. Je suis désolé, mais là je pêche. En quelques mots, je n’ai pas de critères particuliers.

Et en tant que lecteur ?

 

Idem.

Au moins, c’est clair 😉 ! Ce n’est pas notre première couverture ensemble (merci pour ta confiance renouvelée). On a bossé ensemble sur « Tout le monde connaît Lola ». À deux reprises. Il y a eu une première version sous forme d’illustration, puis un changement de direction au bout de quelques mois. Ton besoin de remplacer la couverture reflète bien une des problématiques d’un indépendant : le dilemme entre efficacité et originalité. Est-ce que tu veux bien revenir sur cette expérience ?

J’étais très attiré – je le suis toujours – par la représentation que tu faisais des femmes dans tes peintures. Je t’ai donc de demandé de réaliser une couverture qui soit dans la même thématique. Quelques mois plus tard, je me suis aperçu qu’elle ne collait pas avec à la tranche d’âge souhaité. J’ai donc fait appel à toi une nouvelle fois en te donnant des éléments qui pourraient t’aider à sa réalisation. Pour te remercier de cette collaboration, j’ai glissé un clin d’œil dans « Le complexe » concernant tes toiles.

Merci pour le clin d’œil 😉 J’ai moi-même modifié une de mes couvertures suite à des résultats décevants. Tu as senti l’impact de ton côté ?

Aucun. Excepté une offre éclair juste après la mise en place de la nouvelle couverture – dont les ventes avaient été mirobolantes ce jour-là – je n’ai constaté par la suite rien de significatif. Si mes souvenirs sont bons, je crois que j’ai modifié ma couverture six mois après la publication. C’est le moment ou un livre atteint sa fin de vie sur Amazon.

Au bout de 6 mois, c’est compliqué pour un ebook, en effet. Est-ce que tu « testes » ta couverture auprès d’un cercle de proches ou auprès de tes lecteurs ? Si oui, comment ça se passe ?

Pour la première version de « Lola », je savais ce que je voulais. Pour la deuxième version, je t’ai laissé carte blanche. Mais j’avais tout de même fait un sondage sur Facebook, et quelques amis auteurs qui avaient lu le livre m’ont aidé à trancher puisque tu m’avais soumis différents projets. Pour mon second roman, j’ai demandé à deux auteurs de me donner leur avis. Ce qui a modifié au fur et à mesure un peu les choses, comme tu as pu le constater par toi-même.

Comment es-tu venu à me contacter ? Pourquoi moi ?

 

C’était pendant ma période où je m’intéressais au milieu de l’auto-édition, et j’ai entendu parler de toi, de tes romans et je suis tombé sous le charme de tes peintures. À cette époque, tu ne faisais que quelques couvertures. Après un bref échange, tu as bien voulu travailler pour moi.

Comment décrirais-tu notre collaboration ?

 

C’est toujours difficile de retranscrire avec fidélité ce que l’auteur – en l’occurrence moi – a en tête et ce que le graphiste est capable d’accomplir. Je ne sais pas si tous les auteurs avec qui tu as travaillé sont aussi perfectionnistes que moi, mais j’ai tendance à placer la barre très haute. Pour « Le complexe », tu as accompli un travail exemplaire.

Je te remercie ! Un conseil à donner aux auteurs qui se lancent sur Amazon à propos de la couverture ?

C’est un élément à ne pas négliger. Quelques auteurs indés dont j’apprécie grandement la plume ont des couvertures indigne de leurs écrits. C’est dommage. Par contre, l’inverse est rarement vrai.

Tu as d’autres projets à venir ?

 

J’ai commencé à faire un plan pour mon prochain roman. Ce qui n’est d’ordinaire pas mon style. Mais pour celui-ci, je suis obligé de m’y mettre si je veux éviter les problématiques liées aux incohérences narratives. Et ce sera encore une histoire qui tournera autour de la femme. Mais dans un tout autre registre.

Très bien tout, ça. Je suis un adepte du plan, tu le sais peut-être. Où peut-on trouver tes livres, en apprendre davantage sur ton univers ? (Facebook, Insta, Amazon, site ou blog)

Malheureusement, je n’ai pas de site internet. Je ne maîtrise pas suffisamment bien la chose pour faire quelque chose d’attrayant. Je me contente de Facebook et d’Instagram pour parler de mes romans. Pour le reste, je publie de moins en moins sur les réseaux sociaux. Plus pour me préserver.

Tu peux nous dévoiler ici le texte de 4e de couverture ?


 

Julien a tout pour plaire. Entre son charme et son éloquence, nulle femme ne lui résiste. Mais lorsque le temps est à la rupture, il n’a jamais su s’y prendre, préférant la fuite à la confrontation. Et puis un jour, sa lâcheté va le contraindre au crime.

De son côté, Angeline est convaincue que toutes les histoires qui lui étaient contées sur grand écran et martelées par sa mère durant son enfance n’étaient qu’un mirage aux airs de conte de fées.

Ces deux êtres que pourtant tout oppose vont finir par se croiser. De cette rencontre va naître un jeu duquel personne ne sortira indemne. Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc

La date de sortie, c’est pour quand ?

 

Le vendredi 16 novembre.

Merci beaucoup. Un petit mot pour la fin ?

 

Si vous avez une passion, quelle qu’elle soit, n’abandonnez jamais. Le travail finit toujours par payer.

N’hésitez pas à poser vos questions à l’auteur en commentaire. Si vous avez besoin d’une couverture, direction ma page création de couvertures

 

A propos de l'auteur

Matthieu Biasotto

Auteur indépendant toulousain, rêveur compulsif et accro au café. J'écris du thriller, du suspense avec une touche existentielle.

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