Un jour d’avance | Chapitre 2

U

C’est l’heure

[br][br][br][br]

Élise attrape son téléphone qui vibrait. Le retourne et constate[br][br]

Appel entrant de Rachel

[br][br]

Rachel, sa cousine. Son doigt glisse alors sur l’écran tactile. Elle décroche immédiatement. Au bout du fil, une voix douce et feutrée. Tellement réconfortante :[br][br]

— Élise ?[br][br]

— Rachel…[br][br]

À l’intonation de la voix, Rachel comprend immédiatement que sa cousine va bien plus mal que ce qu’elle pouvait imaginer.[br][br]

— Tu as besoin de quelque chose ?. C’est encore Julien ?[br][br]

— …[br][br]

Élise ne répond pas et malgré ses efforts désespérés pour étouffer sa tristesse, seuls ses sanglots se font entendre.[br][br]

— Écoute Élise, je sais que c’est particulièrement difficile pour toi. Vous êtes à cran tous les deux. J’imagine… Surtout ce matin… Mais vous vous aimez tellement. C’est du solide avec Julien. Il est maladroit, il a ses défauts… Je sais… Mais d’aussi longtemps que je me souvienne, tu l’as toujours aimé. Déjà toute petite tu voulais te marier avec en robe de princesse. Je sais pas si tu te souviens. À l’adolescence tu ne parlais que de lui. Bon c’est pas vraiment mon style de prince charmant… Mais rappelle-toi quand il t’a fait sa demande l’été dernier. C’était si beau. Très romantique. Tu étais vraiment heureuse. On aurait dit une gamine le jour de Noël.[br][br]

Élise esquisse un sourire en essuyant ses larmes :[br][br]

— T’es con ![br][br]

— Rachel, sentant sa cousine se détendre un peu, continue dans sa lancée[br][br]

— Au fond, vous êtes toujours le même couple. Avec plein de projets, des envies de voyages, des idées plein la tête. Je sais que tu l’aimes. Et je sais qu’il t’aime. Donnez-vous du temps… C’est juste un passage à vide… Votre couple tiendra le choc, j’en suis sûre ![br][br]

Sur ces mots réconfortants, Élise la remercie :[br][br]

— Qu’est ce que je ferai sans toi, ma Rachel ?. [br][br]

La cousine relève par une petite boutade pour terminer d’alléger l’atmosphère :[br][br]

— Honnêtement, je sais pas hein ?[br][br]

Puis Rachel, reprend :[br][br]

— Deuxième chose, j’appelais surtout pour te dire que je peux venir finalement. Te savoir toute seule dans le train pour Nice, c’était juste impossible. J’aurais préféré qu’on prenne l’avion… C’était franchement plus simple. Mais je me suis débrouillée au dernier moment. J’ai mon billet. Je me prépare et j’arrive.[br][br]

Cette seule phrase suffit à dénouer l’énorme nœud qu’Élise avait à l’estomac. Elle, avec ses crises d’angoisse, ne sera plus seule dans le train. C’est un poids immense que lui enlève sa cousine.

— Oh merci Rachel ! C’est vraiment super… Je suis soulagée, tu peux pas savoir ![br][br]

Tout lâcher pour la soutenir, c’était du Rachel tout craché. Depuis l’accident elle avait absolument tout fait pour lui faciliter la vie. Pourquoi exactement… Elle ne savait pas ? En tout cas, elles s’étaient vraiment rapprochées. Elle avait elle aussi son lot de problèmes, mais elle allait toujours de l’avant. C’est d’ailleurs Rachel qui avait eu la brillante idée qu’elle et Julien quittent Nice pour s’installer ici. Pour qu’ils puissent se remettre à vivre, loin des tourments de la famille. Elle avait pris les choses en main. Elle avait tout organisé, recherché les appartements et même trouvé du boulot pour Julien. Cette grande blonde pétillante et pleine de vie était devenue depuis, leur rayon de soleil, le miel de leur convalescence. Elle est toujours à fond Rachel. C’est clairement une battante. On le voit sur son visage espiègle de mannequin. Elle aime la vie, et Élise adore passer du temps avec elle pour l’écouter parler des heures durant.[br][br]

Rachel, lance soudainement :[br][br]

— Ah ! J’ai un double appel. Quitte pas, je regarde qui ça peut être…[br][br]

Puis elle reprend :[br][br]

— Bon trop tard, je comprends rien à ce mobile.[br][br]

Enfin, elle écourte la conversation :[br][br]

— Écoute Élise, je te laisse finir de te préparer, on se retrouve en bas de chez toi ?[br][br]

— OK Rachel, à toute à l’heure.[br][br]

— Euh… Rachel ?[br][br]

— … Oui ?[br][br]

— Merci encore… Pour tout.[br][br]

— C’est normal, t’inquiète ! À toute à l’heure.[br][br]

En raccrochant, Rachel consulte à nouveau son téléphone. Elle ouvre le journal des appels. Cet appel manqué, c’était Julien. Que voulait-il ? Elle le rappellera après avoir terminé de se préparer. Enterrement ou pas, il n’y a rien de plus important que de prendre le temps de se mettre en valeur le matin. C’est son rituel quotidien et aucun événement, pas même le deuil, n’aurait pu l’évincer. S’apprêter pour se sentir belle. S’embellir pour défier la tristesse. Pour elle, la beauté et la séduction c’est un art de vivre. Rayonner est un don reçu du ciel et elle sait parfaitement l’exploiter. Un peu comme une évidence. Chaque matin, sa mise en lumière était composée de gestes précis et parfaitement exécutés. Crème sous les yeux ; d’abord le gauche puis le droit. « BB Crème » pour lisser et sublimer sa peau déjà presque parfaite. Quatre coups de déodorant. Un trait d’eye-liner, ni trop, ni pas assez, dans un geste absolument parfait. Dégradé de poudre habilement appliqué sur les paupières. Rouge intense sur sa jolie bouche en deux passes complété par un pincement de lèvres pour le répartir uniformément. Cheveux tirés impeccablement dans un brushing digne d’un salon de coiffure. Eau de toilette sur les poignets, le haut de la poitrine, le cou et derrière les oreilles. Elle enfile ses dessous et saute dans la longue robe noire achetée pour l’occasion. Quoi qu’il advienne, elle est au top… Peu importe le lieu ou la raison. Perchée sur ses magnifiques escarpins noirs compensés tout droit sortis de l’atelier d’un célèbre styliste londonien, Rachel vient de finir. Elle se contemple dans le miroir : se rendre à un enterrement, certes, mais belle jusqu’au bout des ongles. Satisfaite de son look impeccable, elle termine de jeter quelques affaires dans sa valise pour la boucler. Elle en prend toujours deux fois trop comme d’habitude. Puis, une nouvelle fois, elle s’accorde quelques secondes, le temps d’envoyer un petit mot par SMS à sa nouvelle conquête. Comme pour éloigner les mauvaises pensées. Faire fuir le mauvais sort ou la mort tout simplement. La vie continue après tout.[br][br]

Sa nouvelle relation avec Thomas ressemble finalement à toutes les autres auparavant. Elle l’avait déjà remarqué en sortant des vestiaires. Ils s’étaient croisés une ou deux fois à la salle de sport. Plutôt bel homme, elle était attirée par son côté légèrement rugueux. Il ne parlait à personne. S’entraînait assidûment. Il poussait la fonte avec une détermination sans faille. Ses muscles luisant par la transpiration se tendaient et elle n’était pas insensible à ce corps qu’elle allait découvrir bien plus en détail. Dans son regard noisette, il se passait quelque chose qu’elle ne cernait pas bien, mais qui l’impressionnait. Ses petites cicatrices lui donnaient un léger côté bad boy… Plutôt sexy. Marié depuis deux ans. Mais ce n’était pas un problème pour Rachel. Un trait d’humour, puis deux ou trois échanges superficiels, mais électriques. Puis de fil en aiguille, ils ont pris l’habitude de discuter un petit quart d’heure après le sport. En toute logique, avec sa plastique avantageuse et son charme fou, Rachel le séduit comme tous les autres. Une fois pris dans les griffes de la belle blonde, elle le ramène enfin dans son bel appartement où elle pourra le croquer à sa guise. Voilà plusieurs semaines qu’elle fréquente ce brun, mystérieux… Un brin fragile, un brin bourru. Rien de sérieux, juste du bon temps, pas trop de questions, pas de prise de tête. Juste ce qu’elle aimait.[br][br]

Message à Thomas :

Coucou ! N’oublie pas de passer me voir à mon retour.

Pense à TOUT apporter 🙂

Bises

ENVOYER

 

Le message est parti. Rachel prend quelques secondes pour vérifier que tout est en place avant de partir. Elle attrape sa valise, ses clés et quitte son appartement. Dans quelques minutes elle sera chez Élise et Julien. Elle peut maintenant rappeler Julien.[br][br]

Tout en entamant son trajet dans la rue, très à l’aise sur ses talons hauts, Rachel plaque son téléphone à l’oreille et Julien répond :[br][br]

— Ah Rachel ! Merci de me rappeler.[br][br]

— Qu’est-ce qui se passe ?[br][br]

Elle sait très bien que Julien n’appelle que si c’est sérieux.[br][br]

— Euh… On a encore eu un petit accrochage avec Élise…[br][br]

Rachel au courant de la situation, tente d’apaiser la situation.[br][br]

— J’ai eu Élise il y a quelques minutes, elle m’a dit… Oui…[br][br]

— Elle a encore pété un plomb ! Elle ne dort plus… C’est chaud là…[br][br]

Elle remarque le bruit de fond, Julien n’est pas chez lui de toute évidence. Du brouhaha, des bruits de verres… Certainement un bistrot.[br][br]

— C’est difficile pour elle aujourd’hui, tu sais…[br][br]

Mais Julien l’interrompt :[br][br]

— Ce n’est pas pour ça que je voulais t’avoir… Enfin si… Mais pas exactement… J’espère que tu peux prendre le train avec Élise ?[br][br]

— Oui je viens de lui confirmer, je la rejoins à pied pour aller à la gare.[br][br]

— OK, je voulais savoir si tu pouvais passer avant au Wild Cats ?[br][br]

— T’es encore au café ? Pourquoi tu veux que je passe ?[br][br]

— Voilà… Euh… J’ai toujours le briquet d’Éric. Je n’avais jamais eu l’occasion de… Je l’ai fait graver, et je voudrais que tu l’apportes à Nice… Je voudrais qu’il puisse l’avoir avec lui pour partir.[br][br]

— Euh… OK ? Mais… ?[br][br]

Devançant la question de Rachel, Julien reprend :[br][br]

— Vu les tensions à la maison, je m’imaginais mal demander à Élise… Elle allait encore faire un scandale… Je voudrais éviter… S’il te plaît…[br][br]

Rachel hésite un instant et accepte, il ne faudra surtout pas qu’Élise l’apprenne, sans quoi elle s’expose à un scandale monumental. Le Wild Cats est sur le chemin de toute manière, elle va s’y arrêter.[br][br]

— Merci Rachel,[br][br]

Rachel profite du service rendu pour poser à son tour une question[br][br]

— Dis-moi, tu n’as rien remarqué d’anormal depuis quelques jours ?[br][br]

Julien réfléchit l’espace d’une seconde[br][br]

— Euh… Non… Rien de bizarre… Je crois pas. Ah si ! À part hier, sur ma voiture… J’ai retrouvé un post-it collé sur le pare-brise.[br][br]

Rachel, intriguée, veut en savoir plus[br][br]

— C’était quoi ce post-it ?[br][br]

Julien tente de se rappeler[br][br]

— Attend, un truc du genre :[br][br]

TU T’EN SORS BIEN, ou TU T’EN ES BIEN SORTI…[br][br]

— … Enfin quelque chose comme ça. Explique-t-il.[br][br]

— OK. C’est louche oui, mais ça ne veut pas dire grand-chose ? C’est peut-être une erreur ?. Bon rien à voir avec mon histoire finalement…[br][br]

Julien, piqué par la curiosité, demande :[br][br]

— Et toi ? Qu’est ce qu’il t’arrive ?[br][br]

— Euh.. Je sais pas trop comment… Euh… Voilà… Tout a commencé il y a plusieurs jours…[br][br]

Rachel dévoile sur le ton de la confidence ce qui la troublait depuis quelque temps. Au début elle n’y avait pas prêté réellement attention. Elle n’avait pas vraiment remarqué cette femme habillée en noir de la tête au pied, le visage dissimulé derrière une grande paire de lunettes de soleil ainsi que son sac haute couture. C’est un enchaînement d’impressions de déjà-vu, de coïncidences, de simples hasards qui, une fois cumulés, revêtaient des aspects troublants. En faisant son shopping dans les quartiers chics, puis le soir en sortant de la salle de sport… Deux fois, ou trois. En allant aux courses il y a trois jours, en déjeunant avec Thomas, en sortant du cinéma puis dans le parking hier soir. Depuis une semaine, peut-être plus. Rachel avait la sensation d’être suivie, épiée. Julien, inquiet pour elle, questionne :[br][br]

— Tu as prévenu les flics ?[br][br]

— Non… Je ne suis même pas sûre qu’on me suive, c’est juste que… Je sais pas.[br][br]

— OK. Fais gaffe à toi quand même. De toute façon, on se retrouve au Wild Cats…[br][br]

— Oui, j’arrive là ![br][br]

En raccrochant, Julien accoudé à la table du café, reprend sa discussion où elle s’était arrêtée. Juste avant d’avoir l’appel de Rachel.[br][br]

— Oui je te disais… C’est très chaud en ce moment. En même temps je la comprends, c’est pas ça le problème… Je sais qu’elle ne va pas bien…[br][br]

Une femme assise à la même table écoute Julien. Tout en savourant son café, cette quadragénaire aux traits fatigués le regarde intensément, comme pour le dévorer du regard.[br][br]

— Oui, je sais Julien. Elle est vraiment instable en ce moment. Mais le contexte y joue aussi pour beaucoup.[br][br]

Julien renchérit :[br][br]

— Exactement, depuis deux jours… Là, c’est carrément devenu invivable. C’est vrai, je suis pas le soutien idéal. Mais le coup du répondeur…[br][br]

La femme attrape en douceur la main de Julien et lui glisse sur le ton de la confidence.[br][br]

— Tu as besoin de repos. De te lâcher. De te détendre… L’idéal c’est de pouvoir en parler, il ne faut pas le garder pour toi… Tu sais… Une bonne soirée… Un bon massage…[br][br]

L’inconnue aux cheveux ondulés était clairement en train de le séduire. La rousse se redresse et poursuit :[br][br]

— Les cachets que je lui ai donnés devraient apaiser les crises d’angoisses, pour le reste, seuls le temps, l’accompagnement et l’optimisme peuvent…[br][br]

Julien se rapproche un peu plus et sur le ton de la confidence :[br][br]

— Nadège… Tu crois que ce genre de cachets je pourrais en avoir ?[br][br]

Elle lui tapote la main avec un joli sourire tout en penchant la tête légèrement sur le côté.[br][br]

— Non, non, Julien. C’est bien trop fort. Je pense qu’il te faut juste passer du bon temps, penser à autre chose… Te faire plaisir…[br][br]

La porte d’entrée du Wild Cats s’ouvre, faisant entrer le froid, le bruit du trafic, du quartier, mais surtout Rachel avec sa grande valise. En l’apercevant, Julien se redresse pour maintenir une certaine distance avec Nadège. Un geste qui n’échappe pas à Rachel. Elle s’approche de la table. Julien se lève.[br][br]

— Coucou Rachel[br][br]

Ils se font la bise. Rachel en profite pour susurrer à l’oreille du jeune homme :[br][br]

— Mais qu’est ce que tu fous avec cette vieille ?[br][br]

Julien, mal à l’aise ne relève pas, et continue les présentations :[br][br]

— Je te présente Nadège[br][br]

Rachel la fixe droit dans les yeux, mais Nadège n’ose pas soutenir le regard.[br][br]

— Ah. La fameuse Nadège ! J’ai beaucoup entendu parler de vous.

[br][br] Avec un sourire faussement amical, un regard noir en direction de Julien et la main à peine tendue, par politesse, pour la saluer. Coupant court à cette animosité féminine, Rachel regarde Julien et lui demande :[br][br]

— Bon… Tu as le briquet ?[br][br]

Sans parler, Julien sort de sa poche un superbe briquet en acier brossé. Sur le recto son prénom était gravé. D’un coup de pouce, il lève le capot du large briquet et actionne la pierre pour enflammer la mèche. Comme pour s’assurer une dernière fois que la flamme de son amitié avec Éric était intacte. Il referme le briquet, le tourne dans l’autre sens, pour le regarder une dernière fois. Rachel remarque l’inscription qu’il avait fait rajouter de l’autre côté. « À mon ami. Mon frère. » C’était touchant. Mais, il était évident qu’Élise n’aurait jamais accepté d’affronter sa famille une nouvelle fois autour de ce sujet. Surtout pas aujourd’hui. Elle devra le remettre avec ses effets personnels le plus discrètement possible pour éviter l’apocalypse avant l’enterrement.[br][br]

— Merci Rachel.[br][br]

La belle blonde range l’objet dans son sac à main, puis relève la tête pour observer une nouvelle fois Nadège. Elle l’examine des pieds à la tête, la dévisage et la questionne :[br][br]

— On ne s’est pas déjà croisée ?[br][br]

Nadège avait pris un air plus grave depuis l’arrivée de Rachel dans le café. Elle paraissait même distraite, voire inquiète. Ses yeux rivés sur le téléphone sur lequel elle pianotait à grande vitesse.[br][br]

— Pardon ?[br][br]

L’inconnue qui se trouve dans le viseur de Rachel semble troublée. Tout en arrêtant d’utiliser son téléphone, elle réfléchit un instant puis répond :[br][br]

— Je travaille dans le quartier, donc peut-être que… ? Mais je ne vous ai jamais rencontré. Une femme aussi splendide que vous… Ça ne me dit rien… Je vous aurais forcément remarqué. Désolée.[br][br]

Rachel flattée se contente de la réponse. Au milieu des deux tasses et des papiers de sucrettes froissés, le téléphone de Julien se met à vibrer sur la table.[br][br]

Message de Élise :

Tu es où ? Rachel passe me récupérer. Tu m’accompagnes ?

 

— C’est Élise !! Elle est prête ! Rachel on décolle… ?[br][br]

Julien remercie Nadège et la salue, tandis que Rachel quitte en tête le Wild Cats pour rejoindre à quelques centaines de mètres Élise qui ne pouvait attendre.[br][br][br][br]

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