Un jour d’Avance | Chapitre 6

U

Au travail

[br][br][br][br]

Le poste de police. Une ambiance électrique. Chaque enquêteur survolté. Tout le monde sur le pied de guerre. Les téléphones sonnent, le standard absorbe un paquet d’appels. Des témoins affluent encore dans la salle d’attente. Il y a le brouhaha qui grandit à côté de la salle de réunion. Les collègues qui s’interpellent. On imprime les rapports, on agrafe dans les dossiers. Un petit groupe ajoute des annotations sur le tableau blanc. Un autre termine de punaiser les photos au mur. Personne ici ne veut se faire allumer par « l’Adidas », le surnom du capitaine. Les gars de la brigade terminent de préparer les derniers éléments, de prendre de quoi noter avant de filer en vitesse dans la salle de réunion. Pendant ce temps, Tourrié s’isole dans son bureau. À l’intérieur il se pose un instant, loin de l’agitation du poste. Les bruits y sont feutrés. Il attrape son gobelet de café brûlant, place une main dans sa poche et se dirige calmement vers la baie vitrée qui inonde son bureau personnel d’une lumière intense. Il reste face à la vitre un moment, songeur. La lumière réchauffe son visage. Un splendide papillon se pose sur la baie. Il replie ses ailes comme pour exhiber au capitaine les superbes motifs et les couleurs chatoyantes. Tourrié s’en étonne. Surtout en plein mois de décembre. Il boit une gorgée de son café serré, puis se retourne et attrape son dossier. Il s’installe dans son fauteuil et le parcourt une dernière fois rapidement. Il reprend son café pour le terminer. Mais avant il observe attentivement son gobelet. C’est le fameux café qui précède chaque grand débriefing. Ce petit café, il l’associe toujours un peu au début des gros dossiers difficiles. Un geste rituel, comme un cérémonial avant sa grande démonstration qui sonne le début de l’investigation. Un coup d’œil par la vitre et il constate que tout le monde l’attend, même Sanchez vient de prendre place en mordillant nerveusement son stylo à bille. La ruche était en place.[br][br]

Tourrié pose son petit noir sur le coin du bureau et regagne la salle de réunion. Tout le monde est installé lorsqu’il entre dans la pièce. Le brouhaha cesse presque instantanément. Sanchez est au premier rang, toujours son chewing-gum à la bouche, prête à boire ce que le grand patron va dire. Elle adore ce moment-là. Tellement stimulant. Le début de l’enquête, le grand oral de son patron, les collègues motivés à bloc. Le champ des possibles qui s’étendait devant elle au début de l’investigation. La course contre la montre qui allait débuter. Une nouvelle occasion de lui prouver ce qu’elle valait. Et ce grand moment où tout le charisme de Tourrié allait irradier la salle. Pour lui sauter à la figure et donner un coup de fouet à la brigade. Elle le trouvait toujours impressionnant pendant le débrief. Et l’idée de repartir sur le terrain à ses côtés l’excitait vraiment.[br][br]

— Bon les gars, c’est l’heure du débriefing ![br][br]

Le Capitaine Tourrié prend une longue inspiration. Il attrape la télécommande du vidéoprojecteur, pose une fesse sur le bureau central, prend une seconde pour regarder son auditoire composé des meilleurs éléments de la brigade. Des flics d’expérience qui ont à cœur de faire le job. Et de le faire à la perfection. Tous attendent que la « grand-messe » soit dite.[br][br]

Au tableau, sur l’écran de projection, s’affichent des photos de l’affaire. La réunion débute.[br][br]

— Je vous présente Rachel Duprat. 33 ans, sans enfant. Retrouvée morte dans le train suite au dossier ultra-chaud de la bombe ce matin. L’heure du décès, estimée entre 8 h 40 et 9 h 20. Peut-être morte par O.D. On attend le retour du labo. La scientifique est sur le coup, ils passent la victime au piano pour trouver d’éventuelles empreintes. L’Institut Médico Légal devrait nous en dire plus dans les minutes qui arrivent. Pour l’instant on a Élise Manceno au chaud. C’est notre première suspecte sur le dossier de ce matin. Casier vierge. Pas d’antécédent connu chez nous ou dans d’autres services. D’après les premiers éléments, c’est un individu paraissant psychologiquement instable, confus ou du moins fragile. Le suspect ne présente pas de mobile apparent, cependant plusieurs témoins affirment avoir assisté à une violente dispute l’opposant à la victime. Dans l’appel de ce matin, on a appris qu’elle a menacé les passagers à l’aide d’un engin explosif. Bombe qui n’existait finalement pas. L’équipe de déminage nous balance le rapport d’ici quelques minutes. Le suspect invoque un accident qui l’aurait poussé à stopper le fameux train. Pourquoi ? Comment ? On ne déplore aucune victime pour l’instant, mais plusieurs personnes sont actuellement hospitalisées, certaines dans un état sérieux. On notera l’agression violente sur un agent de contrôle ainsi que sur le conducteur du train. Pour vous mettre au parfum, regardez sur l’écran. Il est moins amoché que le contrôleur. Voici l’audition du conducteur sur son lit d’hôpital. Vous cernerez mieux le profil du suspect.[br][br]

Et Tourrié appuie sur la télécommande pour lancer le visionnage de l’audition du conducteur agressé. À en croire les images de la vidéo, l’homme était visiblement blessé à la tête. Mais il paraissait en bonne santé.[br][br]

À l’écran, la voix d’un policier se fait entendre :[br][br]

— Monsieur Franck Polto, pouvez-vous raconter à la caméra votre version des faits s’il vous plaît ?[br][br]

— Oui, pour moi c’est assez court finalement. J’étais aux commandes, j’ai entendu un premier grand bruit sur ma porte.[br][br]

— Vous n’avez pas trouvé ça suspect ?[br][br]

— Si bien sûr ! Mais j’ai d’abord cru que c’était des jeunes. Des petits cons… Des délinquants qui faisaient les marioles… Vous voyez le style ?[br][br]

— Et donc ?[br][br]

— Comme d’habitude j’ai passé un appel au contrôleur pour qu’il jette un œil. En général ça les calme bien. Mais je n’ai pas eu de réponse… J’ai compris ensuite pourquoi.[br][br]

– Poursuivez ![br][br]

— Ensuite, quelques secondes plus tard, j’ai entendu crier dans le wagon de tête. Beaucoup de bruit, il me semble… Mais depuis la cabine, je n’étais pas bien sûr… Puis… Je ne sais pas… 30 secondes après… J’ai clairement entendu plusieurs grands coups pour ouvrir ma porte… C’est là qu’elle est arrivée…[br][br]

— Qui ça ?[br][br]

— La folle pardi ! Elle a déboulé comme enragée avec son extincteur. Elle m’a foutu de la neige carbonique dans la figure pour m’empêcher de voir. Elle m’a agrippé puis jeté hors de la cabine… Comme une merde quoi…[br][br]

— Vous êtes un homme. Vous avez une corpulence bien plus forte que le suspect, et pourtant elle vous a expulsé en un geste ?[br][br]

— Oui ! Une dingo je vous dis. Ou peut-être une junkie… Je ne sais pas… De toute manière, elle n’était pas nette du tout.[br][br]

— Vous pouvez développer ?[br][br]

— Elle s’est mise à paniquer, à taper sur tous les boutons. Elle parlait d’un camion jaune, hurlait à propos d’un accident sur le pont. Que le train allait trop vite pour s’arrêter… Qu’elle allait mourir… Elle me faisait de la peine… Car elle y croyait à fond…[br][br]

— Pourtant, elle vous a blessé ?[br][br]

— Oui elle m’a balancé contre un accoudoir. Mais la voir gesticuler toute seule… Terrorisée alors qu’il n’y avait rien… Perturbée par la vitesse du train alors qu’on était sur le point de s’arrêter… Vouloir stopper le train par tous les moyens… Alors que tout le monde sait que lorsqu’un conducteur lâche ses commandes plus de 2 secondes, le train se met automatiquement en sécurité… Pathétique ! Une vraie cinglée ! Je la voyais se démener et souffrir de son délire… Mais il n’y avait rien… Rien du tout ! Au début ça m’a fait peur, ensuite ça m’a fait sourire. Elle était dans sa bulle, malade comme un chien, et elle s’est évanouie sur moi… Et je m’en sors avec une vilaine bosse… Merci la barjot ![br][br]

— Merci Monsieur Polto, ça ira pour nous…[br][br]

Le Capitaine Tourrié reprend la parole à la fin de la vidéo :[br][br]

— Ne tirez pas de conclusion hâtive, mais on a déjà les grandes lignes… Vous pouvez voir les blessures sur les individus agressés… Les photos parlent d’elles-mêmes. Pour le reste, vous avez toutes les infos dans le rapport. Nous avons plusieurs témoins à auditionner dans les heures qui arrivent et beaucoup de pistes à explorer. Prévenez vos proches et vos familles. Vous ne rentrerez probablement pas chez vous ce soir. Je compte sur votre dévouement pour résoudre cette affaire dans les meilleurs délais. Est-ce que tout est clair pour tout le monde ?[br][br]

— Oui Capitaine ![br][br]

Prononcé à l’unisson par l’équipe très motivée qu’il avait sous les yeux.[br][br] Tourrié regarde ses notes et poursuit :[br][br]

— Jonhson et Copen. Vous me creusez à fond la vie de la victime, Rachel Duprat. Vous me fouillez partout, compte en banque, liaisons, boulot, adresses… essayez de trouver un lien concret avec le suspect.[br][br]

— Yes, on est parti ![br][br]

Les deux hommes prennent leurs documents, l’un les range dans la veste, l’autre les joint au dossier. Le duo quitte la pièce, plus inspiré que jamais.[br][br]

— Loyd, Jarvot et Puig. Vous vous renseignez sur le suspect. Je veux tout savoir sur elle. Son adresse, compte bancaire, identité sur la toile… Vous me passez tout au peigne fin. Envoyez-moi la moindre info sur mon mobile. Compris ?[br][br]

— Oui capitaine ![br][br]

Et le trio galvanisé s’exécute dans la seconde.[br][br]

— N’Goma, Dierk.[br][br]

Vous vous occupez des caméras de surveillance de la gare. Je veux une copie sur mon bureau d’ici ce soir. Vous me foutez une grosse pression sur l’hôpital et l’IML pour la transmission des bilans et analyses dans les temps.[br][br]

— Bien capitaine ![br][br]

Les deux policiers prennent les dernières notes, et quittent leur place sur-le-champ.[br][br]

— Sanchez. Tu viens avec moi… On a un train à prendre.[br][br]

Elle termine de griffonner sur son bloc les dernières informations, enfile sa veste et emboîte le pas de son mentor.[br][br]

Le duo déboule sur le parking du commissariat.[br][br]

— On cherche quoi Capitaine ?[br][br]

Et elle monte dans la voiture de patrouille. Tourrié s’assoit et claque sa portière.[br][br]

— À faire parler mon intuition.[br][br]

La voiture démarre en trombe, pour se rendre illico au dépôt ferroviaire. Tourrié ressentait le besoin de passer plus de temps dans les wagons, d’examiner chaque détail et de cerner plus précisément les circonstances du meurtre. D’y voir plus clair avant de foncer tête baissée dans l’investigation. Durant le trajet, sur le périphérique, Sanchez entame la discussion avec son supérieur qui était resté silencieux depuis son entrée dans la voiture.[br][br]

— Capitaine ? Encore désolée pour ce matin… Je me suis emportée. J’aurais dû prendre du recul… Être moins impulsive…[br][br]

— Sanchez, c’est bon… Passe à autre chose… De toute manière, elle était incohérente et encore sous le choc. On n’aurait rien tiré de bon de cette audition…[br][br]

Puis le capitaine tourne la tête vers son lieutenant et tente maintenant de la rassurer :[br][br]

— J’aime ton implication… Ça te donne la motivation nécessaire pour avancer.[br][br]

Sanchez est flattée par son supérieur. D’habitude, il est avare de compliments. Elle commençait à réfléchir à haute voix :[br][br]

— Pourquoi avoir prétexté une bombe ? C’est complètement con ?[br][br]

Le capitaine frotte sa barbe de quelques jours et ne répond pas. Sanchez continue :[br][br]

— Pourquoi vouloir arrêter le train s’il n’y avait rien ? ?[br][br]

Le capitaine regarde les voitures qui défilent sur sa droite et donne son avis :[br][br]

— Je me demande plutôt… Pourquoi se faire remarquer alors qu’elle a un cadavre sur les bras ? ? Ça, c’est très stupide…[br][br]

Il regarde devant lui. Et remarque que la circulation devient plus dense.[br][br]

— Allume le bleu et accélère.[br][br]

Sanchez s’exécute. La lumière bleue du gyrophare s’insère rapidement entre les files de voitures de la voie rapide.[br][br]

En quelques minutes, la patrouille arrive à proximité du train. Les choses sérieuses peuvent débuter. Les deux enquêteurs se retrouvent devant les voitures du train impliqué dans la procédure. La scientifique venait de terminer, ils pouvaient y aller. Ils s’équiperaient de gants pour ne pas compromettre d’éventuelles pièces à conviction, et surtout ne pas polluer d’éventuels indices. Sanchez monte à bord dans la voiture de tête, précédée de Tourrié qui semble extrêmement concentré. Le soleil rasant souligne les traits énergiques et marqués de son visage. Elle remarque que la veste de costume de son boss paraît encore plus vieille dans le bain de soleil. De minuscules poussières virevoltent dans le bandeau lumineux. Ça lui rappelle quand elle était gamine. Elle s’attarde sur les yeux perçants de son chef qui lui donnent un air si mystérieux. Lorsqu’elle est arrivée dans la brigade, elle avait immédiatement accroché avec son supérieur. De toute évidence, son charisme était très inspirant. Le Capitaine Tourrié était vraiment son modèle. Un repère sûr et réconfortant pour elle qui vivait chaque affaire avec beaucoup de spontanéité. La retenue de son boss, la pertinence de son jugement, toute l’expérience qu’il avait accumulée forçait l’admiration en elle. Depuis qu’elle avait été mutée dans cette brigade, elle venait travailler avec le sourire et adorait enquêter avec cet homme sûr de lui. Elle avait toujours aimé les hommes plus mûrs, elle ignorait si c’était les cheveux poivre et sel, les mains usées, mais encore vigoureuses ou ses petites rides qui lui donnaient autant de charme. D’ailleurs avec son air de prof, il lui rappelait son père. Son père… C’est vrai qu’avec la différence d’âge, il pourrait être son père. Se ressaisir et revenir à la réalité ! Ici, l’intérieur désert du convoi dégage une atmosphère particulièrement lugubre. Le sang sur la porte défoncée de la cabine, la neige carbonique qui recouvre les instruments, l’extincteur au sol, les déchets à terre, les vitres explosées et les banquettes abîmées traduisent une scène apocalyptique. Tourrié descend du train et fait un signe de la main :[br][br]

— Sanchez…[br][br]

Et il part dans le 4e wagon en longeant le train couvert de graffitis en tout genre… Là où tout a débuté. Une fois à l’intérieur, il remonte l’allée centrale de quelques places et regarde sur sa droite. Il s’approche de la banquette et débute sa propre reconstitution. Se plonger dans la peau de la victime ou du suspect. Un exercice qu’il aime particulièrement et dans lequel il excelle.[br][br]

— Je suis assise en face de la victime.[br][br]

Il examine la banquette et s’assoit.[br][br]

— Je la connais bien… Ou pas… En tout cas… Je me dispute avec…[br][br]

Il regarde par terre et repère le sac à main d’Élise.[br][br]

— Qui suis-je ?[br][br]

Il vérifie le contenu du sac :[br][br]

— Je suis une fumeuse…[br][br]

Tout en attrapant le briquet de Julien et en découvrant le paquet de cigarettes presque vide au fond du sac. Il poursuit son scénario :[br][br]

— Je suis… Élise… Manceno, si on en croit cette carte bancaire… OK[br][br]

Il remet à Sanchez la carte bleue et les clés d’appartement afin qu’elle les consigne avec les autres éléments nécessaires à l’enquête. Il reprend :[br][br]

— Je suis dans le train parce que…[br][br]

Et il attrape du petit sac de marque, une feuille de papier pliée en 4 qu’il déplie soigneusement :[br][br]

Éric, nous avions grandi ensemble. Nous avions 4 ans de différence. Tu étais né comme moi à Nice. Nous allions à la même école et fréquentions les mêmes copains. C’est comme cela que tu m’as présenté Ju.

J’allais souvent piquer tes jeux, j’adorais quand maman m’habillait avec un t-shirt à toi… J’avais l’impression d’être un peu comme toi. En tout cas un peu plus proche. Tu étais mon modèle. Nous avions connu le même collège, suivi presque les mêmes études. Tu aimais la vie, les belles choses, t’amuser. J’adorais tes amies, sortir avec toi et rigoler en ta présence. Je pourrais raconter des milliers d’anecdotes qui ont jalonné nos vies. Tout ce que tu as fait pour moi. Tout ce que tu étais pour moi… Je pourrais… Mais l’émotion m’étreint. C’est le cœur brisé, totalement vide et endeuillé, que je te rends hommage aujourd’hui.

Tu viens de me quitter, ce samedi 13 décembre, à l’aube de tes 37 ans. Tu me manques. Une partie de moi vient de m’abandonner. Tous les souvenirs, tes objets, tes photos, nos amis en commun resteront à jamais. Comme si une partie de ta vie restait figée à la mienne. Je me sens comme abandonnée. Je me sens tellement triste en évoquant ta mémoire aujourd’hui. Je sais pertinemment que la plaie béante provoquée par ta disparition ne se refermera jamais. Mais je sais aussi qu’avec le temps je conserverai seulement le meilleur de toi, les meilleurs souvenirs, pour toujours au fond de mon cœur.[br][br]

 

Le capitaine reprend :[br][br]

—… Parce que je vais enterrer… Mon frère.[br][br]

Tout en donnant la feuille au lieutenant. Tourrié poursuit la fouille du sac. Puis il s’arrête un instant et affiche un visage fermé.[br][br]

— Elle ne pourra jamais lire son discours, si elle se rendait à son enterrement…[br][br]

— Et j’ai l’arme du crime dans mon sac…[br][br]

En pinçant précautionneusement la seringue pour la transmettre à Sanchez. Son téléphone sonne et interrompt sa réflexion :[br][br]

— Tourrié. J’écoute… Bien… Donne-moi l’adresse ! On s’arrache.[br][br]

L’exercice est écourté.[br][br]

— Sanchez. On y va ![br][br]

Et les deux flics laissent derrière eux le train qu’ils n’avaient pas terminé d’examiner. Ils viennent d’obtenir l’adresse de la suspecte. Ils ont les clés d’appartement retrouvé dans le sac. La visite du domicile allait sans doute apporter son lot d’informations sur son profil, le contexte et ses relations. Il fallait y aller sans tarder. Sanchez conduit le plus vite possible en slalomant entre les véhicules sur les boulevards. Les sirènes hurlent, elle est très concentrée. Tourrié regarde son téléphone, ballotté par les à-coups de la voiture au milieu de la circulation. Les véhicules plus lents qu’ils dépassent à grande vitesse ressemblent maintenant à des taches puis des lignes horizontales. La course est rythmée par le bruit des mouvements d’air à chaque fois que la voiture croise une auto dans le trafic. Le Capitaine apprécie les aptitudes de conduite de sa jeune lieutenante. Elle est très sûre d’elle dans ses manœuvres. Il pouvait continuer dans ses réflexions.[br][br]

— On n’a toujours pas trouvé son téléphone ?[br][br]

Sans quitter les yeux de la route, Sanchez lui répond que non, mais qu’elle y retournera pour rechercher. Le capitaine enchaîne :[br][br]

— On n’a pas son numéro du coup… Fait chier… Elles se sont peut-être disputées par rapport à l’enterrement ?[br][br]

Sanchez qui vociférait après les véhicules à l’arrêt ne relève pas. La voiture ripe d’un coup en travers sur le trottoir et les deux enquêteurs s’en extirpent à toute vitesse. Sanchez appuie compulsivement sur le bouton d’appel de l’ascenseur. Les deux enquêteurs s’engouffrent à l’intérieur. Les étages défilent et Sanchez qui trépignait, remarque un stick de rouge à lèvres usagé qui traîne dans un coin, sous le panneau de commande. Ils arrivent sur le palier et se figent devant la porte de l’appartement et restent stupéfaits.[br][br][br][br]

« JE NE SUIS PAS FOLLE »[br][br][br][br]

La porte du logement de la suspecte est grimée d’une large phrase rouge sang.[br][br]

— Ça, c’est pas commun Sanchez ![br][br]

— Je suis certaine que c’est du rouge à lèvres[br][br]

Lance Sanchez qui rappelle l’ascenseur immédiatement pour récupérer le stick usagé.[br][br]

Tourrié ne peut s’empêcher de dire :[br][br]

— Il ne suffit pas de l’écrire…[br][br]

Il prend une photo de la phrase avec son Smartphone, enfile ses gants et ouvre la porte.[br][br][br][br]

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