Les apparences
[br][br][br][br]
— Allez monte ![br][br]
Elle le toise et continue à marcher.[br][br]
— Je suis fatiguée de ton petit jeu ! Je démissionne !! C’est FINI TOURRIE !!! TU ME LÂCHES OK ? ![br][br]
La voiture avance nerveusement de quelques mètres. Le frein à main est tiré, la berline est en travers pour lui barrer la route. Le capitaine descend et croise ses bras sur le toit.[br][br]
— C’est un ordre ![br][br]
Elle s’arrête, tire une dernière fois sur la cigarette en le défiant du regard. Et monte à contrecœur avec son supérieur. Ils repartent une nouvelle fois dans l’obscurité. Tourrié restait silencieux et concentré. Elle était épuisée et encore en colère. Il passait de rue en rue sans broncher, elle regarde dehors sans trop se poser de questions. Trop exténuée pour réfléchir. Elle remarque juste qu’elle ne connaît pas bien le quartier et qu’aucune rue ne lui semble familière. Bientôt elle serait totalement perdue. La jeune flic tourne la tête vers le conducteur. Elle veut lui demander où ils se trouvent, mais il pose l’index sur la bouche et accompagne son geste d’un :[br][br]
— Tssss… Détends-toi…[br][br]
Il coupe le contact, tire le frein à main et éteint les feux. Elle sort de la voiture en examinant autour d’elle pour tenter d’identifier l’endroit, sans toutefois y parvenir. Elle ne reconnaissait absolument pas cette rue. Il ouvre la grande porte en bois en bas de l’immeuble et la prend par la main. Son petit cœur de gamine était reparti comme à chaque fois que sa peau était en contact avec la sienne. Son boss la tenait par la main, la fatigue n’est plus là. Ils montent tous les deux en silence les vieux escaliers de cet immeuble ancien. Il ouvre la porte dans la pénombre et l’attire dans le noir. Le capitaine chuchote[br][br]
— Entre Stéphanie…[br][br]
Puis il l’enlace et lui offre un baiser langoureux dans le noir. La jeune flic sent son corps s’embraser malgré elle, une fois de plus sa respiration s’accélère, une fois de plus elle se retrouve fébrile. Elle ressent les palpitations, le désir incontrôlable. Sa peau en éveil. Ses sens à l’affût des moindres gestes de son supérieur. Elle est sa chose. Elle est le feu, il est sa glace. Elle est liquide, il est solide. Elle serait la meilleure partenaire qu’il n’ait jamais eu. Une fois de plus elle était prête à tout. Allait-il abuser de sa faiblesse une nouvelle fois ? Lui donner un peu de plaisir, beaucoup d’illusion et l’abandonner froidement en claquant la porte de la voiture ? Peu importe… Elle aurait dérobé quelques minutes d’intimité avec lui et tant pis pour son petit cœur d’artichaut. Il étreint et lui susurre à l’oreille…[br][br]
— Tu te fis encore trop aux apparences. Pas assez à ton intuition.[br][br]
— Pardon ?[br][br]
Il lui caresse délicatement la joue dans le noir :[br][br]
— Que te dit ton intuition ?[br][br]
Elle réfléchit un instant. Elle hésite à lui dévoiler le fond de sa pensée. De peur de faire voler en éclat l’infime chance que tout ça se passe sans accroc. Puis finalement, elle se lance[br][br]
— Mon intuition, me dit… Que tu es charmant… Que tu es redoutable… Que je ne te cerne pas… Que je vais une fois de plus succomber… Que je craque, sans pouvoir me contrôler…. Que ça va être magnifique… Que je vais me sentir aimée… Proche de toi… Et que tu vas une fois de plus jouer les psychopathes. Que tu vas m’abandonner ensuite… Que je ne vais pas supporter ton indifférence, ton jeu de manipulation… Que je ne suis sans doute pas la seule… Que je ne te comprends pas… Bref… Que je vais souffrir et finir par te maudire.[br][br]
Sans répondre, Tourrié allume la lumière. Ils étaient tous les deux au milieu d’un petit salon au parquet vieilli. La pièce était bourrée de livres, de bandes dessinées, de croquis et de disques vinyles. Une guitare trônait même à côté du canapé beige. Une ambiance intime à laquelle viennent s’ajouter les bougies qu’il place au-dessus de la télévision, sur la table basse style colonial et sur la commode ancienne. Un chaton gris vient se frotter à elle en passant entre ses jambes. Il ronronne alors qu’elle le caresse un instant. Le petit félin vite lassé des caresses retourne jouer avec une capsule de café usagée. Puis Tourrié revient pour l’attraper doucement par les mains. Enfin il la guide lentement vers le canapé. L’homme attrape deux verres et lui demande :[br][br]
— Café ou whisky ?[br][br]
—… J’hésite…[br][br]
Tourrié prend la décision pour elle, remplis généreusement les deux verres d’alcool. Sans pouvoir se contrôler il en fait couler la moitié à côté, manquant même de faire tomber le verre. Il s’assoit finalement à ses côtés sur le canapé et lui en tend un. Elle accepte le verre volontiers et n’attend pas pour commencer à boire. Il passe alors son bras derrière elle pour se détendre et commence à savourer à son tour le whisky.[br][br]
— Bienvenue chez toi… Stéphanie[br][br]
Étonnée par le fait qu’il l’appelle enfin par son prénom, deux fois en quelques minutes, elle ne manque pas cependant de rectifier l’erreur dans sa phrase.[br][br]
— Chez toi, tu veux dire ?[br][br]
— Il sourit.[br][br]
Sans un mot il se lève, fouille dans sa commode et en sort une photo qu’il dépose sur la table basse tout en reprenant sa place dans le canapé.[br][br]
— Sonia. Ma femme…[br][br]
Stéphanie se crispe.[br][br]
— Mais putain à quoi tu joues ? ![br][br]
Le capitaine poursuit :[br][br]
— Mon premier amour… Depuis l’enfance… 15 ans qu’elle m’a quittée.[br][br]
La jeune femme se ravise :[br][br]
— Oh… Je suis désolée[br][br]
— Rassure-toi, elle n’est pas morte… Elle vit depuis 15 ans en Nouvelle-Calédonie.[br][br]
— Ah ?
—… Un soir après le service, j’ai retrouvé l’appartement vide… Aucun mot… Aucun appel… Rien.[br][br]
Elle lui tient alors la main et penche la tête avec compassion. Il termine son histoire :[br][br]
— Puis j’ai vite découvert qu’elle vivait là-bas. Elle m’a bien fait comprendre que…[br][br]
— Sans raison ?
— Les horaires… ? Le boulot… ? Moi ? Mon caractère de merde ? Peut-être tout ça à la fois…[br][br]
Tourrié s’enfile une large gorgée et termine son whisky. Il dépose son verre sur la table. Se repositionne au fond du canapé et pivote vers Stéphanie pour lui passer la main dans les cheveux.[br][br]
— Depuis, aucune femme n’a jamais remis les pieds ici. J’attendais juste la bonne… Quand je t’ai vu débarquer dans l’équipe j’ai immédiatement craqué. Tu as passé le pas de la porte et j’ai ressenti… Je sais pas… Je saurai pas l’expliquer… Comme si je te connaissais depuis toujours… Comme si c’était écrit… Puis on a dû travailler ensemble. Te driver, te conseiller, t’engueuler… Souvent aussi… Tout ça a nourri mon désir… Mais je savais que ce n’était pas bien. Inapproprié. Tu pourrais être ma fille, je pourrais recevoir un blâme, je pourrais me faire virer sur le champ… C’est compliqué… Mais c’est plus fort que moi… Voilà tu es chez toi.[br][br]
Il lui caresse doucement le haut de la main avec son pouce. Elle se penche légèrement pour appuyer sa tête contre son épaule. L’émotion l’étreint. Elle hésite un instant, de peur de briser la magie de l’instant, mais elle prend finalement la parole pour être bien certaine de ne pas rêver. Elle en a assez bavé pour aujourd’hui.[br][br]
— Je comprends pas bien… Mais tout à l’heure… Et sur le parking… J’ai cru que… Tu m’as fait comprendre…[br][br]
Et il répond tout net en lui coupant la parole.[br][br]
— Stéphanie… J’ai résisté. Autant que j’ai pu. Partagé entre ma peur de te perdre et le boulot. Si tu savais. Il y a tellement de fois où j’aurais voulu te prendre dans mes bras. Te déballer tout ça. T’expliquer ce que je ressens et tous les interdits qui m’empêchaient de t’aimer… Toutes les fois où j’ai pensé à toi dans ce même canapé… À en pleurer… À ne plus savoir quoi penser, faire ou dire… Puis tout à l’heure sur le parking… J’ai craqué, je n’ai pas pu résister. Une pulsion. Il fallait que je le fasse. C’est quand tu as commencé à… Là j’ai pris peur. J’ai pris conscience qu’on allait trop loin. Et j’ai merdé. Je m’en suis voulu. Je m’étais juré de ne pas mélanger la brigade et le perso. C’est pour ça que je ne voulais surtout pas de gestes ou de signes pendant le service qui pourraient laisser penser que…[br][br]
Il prend une profonde inspiration, s’incline en avant sur le canapé et joint ses deux mains comme pour se repentir avant de poursuivre sur le ton de la confidence, adouci par le whisky :[br][br]
— La vérité, c’est que lorsque tu as dit que tu démissionnais, et quand j’ai vu ton flingue sur mon bureau j’ai paniqué. Trop peur de te perdre. De plus pouvoir te voir. Te sentir. Là j’ai compris que je ne pouvais pas me passer de toi. Et tant pis pour les conséquences. Alors te voilà ici. J’aimerais que dans le service, personne ne l’apprenne et que tu restes discrète… Si possible… Je pense que tu peux comprendre… Mais en dehors du boulot… Je ne peux pas vivre sans toi… Je suis attiré… Raide dingue… Sans pouvoir l’expliquer… C’est…[br][br]
— Magnétique ?[br][br]
— Magnétique…[br][br]
Et il poursuit :[br][br]
— Contrairement à ce que tu pouvais t’imaginer, je n’ai jamais eu d’aventures sordides sur des parkings ou dans des toilettes ou je ne sais où… Je n’ai jamais fait ça avant… J’ai eu envie de toi et je ne pouvais pas résister. D’ailleurs comment te résister ? Et c’est là où je veux en venir… Tu vois qu’il ne faut pas te fier aux apparences… Tu pensais à tort… Je t’aime… Comme je n’ai jamais aimé personne.[br][br]
Elle sentait une apaisante vague de chaleur dans le ventre. Elle souriait comme quand elle était petite en vacances au bord de la mer. Et elle se sentait tellement heureuse. Elle n’a d’ailleurs jamais été aussi heureuse de toute son existence… Tout ce qu’elle voulait entendre, mais qu’elle n’osait pas imaginer. Tout ce qu’une femme désire. Un amour sincère. Une passion ardente. Un sommet atteint après de nombreux efforts. Des mots qui enivrent, une sincérité touchante. Un instant vrai. Beau. Elle pose sa main sur son torse, tous les deux s’inclinent lentement dans le confortable canapé. Le whisky avait sérieusement entamé leur capacité à discuter. Il lui effleure le front. Elle lui susurre dans un sourire béat[br][br]
— Les apparences…[br][br]
Il lui répond avec un petit baiser sur le front :[br][br]
— L’expérience…[br][br]
Elle lui délivre un petit baiser sur son torse, et les deux équipiers restent un moment immobiles sur le canapé, suspendus par l’amour. Elle se cale tout contre lui, savourant son souffle. Avec un large sourire. Sa tête ondulait lentement avec la respiration réconfortante du supérieur qu’elle adule tant. Il lui caresse toujours les cheveux, et elle, le torse en effleurant ses doigts sur sa chemise légèrement déboutonnée. La jeune femme lui demande :[br][br]
— C’est vrai que tu ne peux pas me résister ?[br][br]
—… Impossible de te résister…[br][br]
Elle l’embrasse langoureusement. Il la retient délicatement et lui indique avec bienveillance :[br][br]
— Je ne t’ai pas fait venir ici pour le sexe… Juste pour te rassurer et te parler.[br][br]
—… L’un n’empêche pas l’autre…[br][br]
Il lui offre un large sourire. Il se redresse et l’aide à s’allonger totalement sur le canapé. Il lui donne un tendre baiser tout en la déshabillant lentement. Elle commence à respirer un peu plus fort, dans un souffle tiède et suave. Son supérieur lui ouvre le chemisier, effleure sa poitrine. Elle s’électrise. Il dégrafe son soutien-gorge et parcourt le galbe de ses seins en les embrassant tendrement. Elle lui caresse le crâne et attrape ses cheveux alors que les baisers enflamment son corps. Elle se voûte et creuse un peu plus son dos lorsque la bouche de son chef effleure délicatement son nombril. Il glisse son index sous l’élastique de sa petite culotte pour la retirer tout en s’enivrant de son parfum de lessive et de vanille. Il s’approchait dangereusement, elle s’abandonnait totalement à son mentor en écartant les jambes. Elle respire de plus en plus fort. Elle est confortablement allongée sur le grand canapé et se tord de plaisir sous les premières caresses de son supérieur. Elle ressent la barbe mal rasée, la chaleur de sa respiration. La pulpe de ses lèvres. Elle remonte ses mains dans les cheveux du capitaine pour lui maintenir la tête alors que tout son corps tremble sous le prodigieux oral qu’entame son supérieur. Elle ne tient plus, et pose la main sur le front de son amant pour éloigner un peu sa tête. Elle se retourne pour lui offrir ses reins et lui souffle[br][br]
— Viens…[br][br]
Alors qu’elle étouffe ses cris dans un des coussins du canapé et qu’elle s’agrippe du mieux possible à l’accoudoir, Tourrié lui caresse le dos en se délectant des merveilleux mouvements de sa partenaire. De cet instant superbe où le cœur et la chair ne faisaient qu’un. Il en avait tellement rêvé. Il avait tant espéré. Loin des peurs et de la pression. Juste son amour. Son corps qui ondule en épousant ses courbes. Les hanches de la jeune Stéphanie soulignées par le jeu de la discrète lumière offerte par les bougies. Lorsque l’une d’elle s’éteint à proximité du téléviseur. Soudain, il se focalise sur le reflet du corps et du visage de Stéphanie sautant sous la force de ses coups de hanches à travers l’écran noir de la télévision. L’idée de la voir reprendre son souffle à quatre pattes depuis un autre point de vue excite le capitaine au plus haut point. Hissant rapidement son désir à des sommets, et écourtant leur séance torride. Les deux partenaires restent dans le noir, tendrement enlacés, l’un contre l’autre et s’endorment en quelques secondes exténués par ce dernier effort, enveloppés par l’amour.[br][br]
Une paire d’heures venait de passer. Elle tente de se redresser dans le canapé, mais réalise qu’il est vide. Il fait encore nuit. Elle se lève, encore vaseuse. Se cogne contre la table basse sur laquelle étaient restées les clés de l’appartement. Elle regarde dans la chambre sans y trouver son partenaire. Elle avance à tâtons vers la cuisine et allume pour y voir. La machine à café est en marche, il est encore fumant. 2 tasses sont rangées sur la table. À côté de l’une d’elle, Tourrié a déposé un mot[br][br]
« Le reflet ! Rejoins-moi au poste A + ma belle ! »[br][br]
Elle ne manque pas de se rappeler que le service avait déjà repris et que son nouvel amant avait déjà endossé son costume de capitaine. Que la douce parenthèse aura décidément été trop courte. Au moins sur ça, il ne mentait pas. Elle retourne dans le salon pour extirper de la poche de son pantalon abandonné au sol, son paquet de cigarette. Elle revient dans la cuisine, ouvre la fenêtre et se grille la blonde du matin. Elle se sert une tasse de café, l’avale d’un trait. Elle file sous la douche pour se rafraîchir, saute dans sa tenue, ramasse les clés dans le salon et quitte l’appartement. Elle dévale les marches de l’immeuble et déboule sur le trottoir, les cheveux encore trempés, la mine fatiguée. Mais heureuse. Pas pour longtemps. Il avait pris la voiture, et il fallait qu’elle rejoigne le commissariat par les transports en commun, la journée débutait bien.
Elle arrive au poste avec un peu de retard. Elle traverse le service pour retrouver Tourrié dans son bureau la tête rivée sur l’écran de la télévision. Son nouvel amant se retourne à son arrivée[br][br]
— Ah ! Stéph… Sanchez ! Houla !…. La nuit a été courte non ?[br][br]
Il lui envoie un clin d’œil discret, mais espiègle.[br][br]
— Capitaine…[br][br]
Il est en train de passer en revue les vidéos de Rachel avec un niveau de zoom élevé. Il met sur pause et donne le téléphone très endommagé retrouvé près du corps du Julien.[br][br]
— T’as oublié de l’allumer pour voir si on pouvait en tirer quelque chose. Tu t’y colles maintenant ![br][br]
— Moi je viens de m’apercevoir que le disque dur du caméscope contient 3 partitions de vidéos. Je suis loin d’en voir la fin.[br][br]
Elle s’exécute immédiatement et fonce à son petit bureau. Elle se précipite sur son chargeur de téléphone qui est généralement dans son premier tiroir. Elle le branche puis examine son ordinateur le temps que le mobile charge un minimum pour l’allumer. À l’écran, plusieurs résultats étaient remontés dont le fameux dossier du 12/06/2014. Elle lance immédiatement l’impression. Le temps que le rapport s’édite, elle tente de mettre sous tension le téléphone de Julien maintenant alimenté. Il était, comme elle pouvait s’y attendre, verrouillé par un code PIN. Elle n’aurait que trois essais. Le tactile semble encore fonctionner, mais l’écran est très abîmé. L’affichage détérioré. Difficilement lisible, mais suffisamment pour entrer le code.
[br][br]
Elle tente une première fois l’incontournable[br][br]
| Entrer code PIN « 0000 » |
[br][br]
Et valide.[br][br]
Information : « Code invalide »
[br][br]
Plus que deux essais, elle essaie[br][br]
| Entrer code PIN « 1234 » |
[br][br]
Et valide.[br][br]
| Information : « Code invalide » |
[br][br]
Dernière tentative. En cas d’échec, il lui faudra le code PUK et sans doute l’aide des experts. Elle n’avait pas le temps d’attendre et s’essaie dans une ultime tentative[br][br]
| Entrer code PIN « 35473 (Élise) » |
[br][br]
Puis valide.[br][br]
| Information « Code valide. Bienvenue ! » |
[br][br]
Le téléphone s’active immédiatement. L’affichage est vraiment altéré, les nombreuses fissures dues au choc gênent la lisibilité. Mais le mobile continue de s’initialiser recherchant une antenne relais à proximité pour se connecter au réseau cellulaire. Il émet un bip correspondant à une notification de message envoyé. Instantanément, le téléphone d’Élise, posé sur le bureau de Sanchez, vibre et émet le son d’une notification à son tour. Il était encore allumé et stocké avec les autres éléments de l’enquête. Le Smartphone de Julien venait-il de lui transmettre un message ? Le lieutenant attrape le téléphone de la suspecte et consulte la boîte de réception.[br][br]
| « 1 nouveau message » Quoi comme incident ? Je monte au Pech pour te regarder parti… |
[br][br][br][br]
***[br][br][br][br]
Suite au message reçu d’Élise à propos de l’incident, Julien s’inquiète. Il va la rappeler en arrivant. Mais son pouce ripe sur le bouton de réponse. Tant pis, il lui écrit vite fait, une main sur le volant. Elle sera contente de le savoir là-haut… à leur endroit. Il termine de saisir son message, lorsque le mobile lui échappe des mains et glisse sous les pédales.[br][br]
— Merde ! Quel con ![br][br]
Il tente de le récupérer le mobile au sol. Mais n’y parvient pas. En relevant la tête il voit le platane. Trop tard, il n’a pas le temps de freiner. Pas le temps de braquer…[br][br][br][br]
***[br][br][br][br]
Le sang de Sanchez se glace. Un frisson lui parcourt le dos. Il utilisait son mobile en conduisant. Elle lui avait demandé de le rappeler. Il était en train de lui répondre. Il montait la regarder partir depuis les coteaux. Il devait se presser pour ne pas la rater. Cet homme était mort en répondant à sa petite amie.
L’imprimante à côté d’elle vient de cracher la dernière page du dossier de l’accident. Elle abandonne le téléphone de Julien sur le bureau et consulte le rapport encore tout chaud. Elle débute son immersion dans cet accident sur la voie publique. Un triste face-à-face sans pouvoir freiner impliquant les occupants de deux véhicules sur la moyenne corniche de Nice. Identification des individus pris en charge aux urgences. Statut marital, date et lieu de naissance, résumé et constat de l’accident. La perforation de l’abdomen d’Éric. La blessure à la gorge d’Élise. Les commotions cérébrales du conducteur. Julien était effectivement noté comme conducteur du véhicule accidenté. Il transportait sa petite amie et son beau-frère. Sanchez continue de parcourir les pages du rapport, et prend connaissance des notes et rapports médicaux annexes autour de l’état des victimes. Le pronostic vital engagé pour Éric puis son état stationnaire dans le coma.[br][br][br][br]
[br][br][br][br]
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