Gravé dans le sang
[br][br][br][br]
Elle n’avait pas le choix. Il avait raison sur le coup. La réalité. Le meurtre. Les problèmes personnels devaient être mis de côté. Pour l’enquête. Rester pro jusqu’au bout. À contrecœur, elle devait s’y résoudre. Un regard dans son rétroviseur et elle déboîte sur la première sortie qui arrive. Elle fait demi-tour et repart en trombe en direction du commissariat. Sur le trajet, elle tente de nettoyer le maquillage qui avait dévalé le long de ses joues, d’essuyer ses larmes et de se rendre présentable. De camoufler les marques de sa colère. Faire comme si de rien n’était. C’était ce qu’il voulait après tout. Et elle s’aperçoit que Tourrié a oublié le caméscope de Rachel dans la voiture. Peut-être était-il finalement perturbé par leur prise de bec ? Peut-être qu’il n’était pas aussi insensible qu’il voulait le faire croire ? Quelques minutes plus tard, elle tourne pour remonter la rue du commissariat. Il est là, à l’attendre seul sur le trottoir. Elle s’arrête brusquement devant lui. Il se glisse dans la voiture.[br][br]
— Trace !! Vite ![br][br]
Elle s’exécute, et n’ose pas broncher. Elle reste concentrée. Elle veut faire face. Rester digne. Elle sortira ses griffes plus tard. Il fallait se remettre dans le bain. Et sans tarder. La route se passe sans encombre et dans un silence de cathédrale. Ils arrivent à la Morgue, et descendent au sous-sol pour y retrouver le légiste qui les attendait.[br][br]
Le capitaine le salue :[br][br]
— Merci d’être là… On vous fait faire des heures supplémentaires…[br][br] Le légiste n’avait pas l’air d’apprécier la plaisanterie.[br][br]
— Capitaine…[br][br]
Sur la table face à eux était allongé un corps sous le champ bleu. Tourrié fait un signe de la tête au légiste qui découvre le cadavre fraîchement autopsié. Sanchez s’approche. Elle y découvre le corps très abîmé d’un jeune homme. Le visage est également amoché. Le torse perforé. De larges hématomes violet et rouge couvrent ses épaules et ses pectoraux. Tourrié, sort la photo qu’il avait retirée du mur dans l’appartement d’Élise.[br][br][br][br]
***[br][br][br][br]
Il quitte le quai la tête basse, et marche rapidement sur le trottoir. Les yeux rivés sur ses lacets. L’air dépité. Les épaules basses. Il regarde sa montre et prend conscience qu’il reste peu de temps. Il remonte en pressant le pas, les rues dans lesquelles il avait déambulé avec Élise et Rachel quelques minutes plus tôt. Il trottine maintenant jusque chez lui. Dans l’appartement vide, il y récupère ses clés de voiture et quitte le domicile. En fermant la porte, la sonnerie du téléphone fixe résonne. Le répondeur se déclenche, mais il n’écoute pas le message laissé. Il n’a pas vraiment le temps pour ça. Il prend l’ascenseur et se dirige jusqu’au parking pour monter dans sa voiture. Et c’est à cet instant que son mobile sonne[br][br]
— Nadège ?… Oui… Elles sont dans le train… Euh Élise… Moyen… Non… Moi tu sais… Je ne partirai que demain… Au calme… Oui… Quand tout sera passé… Oui… Comme je t’ai expliqué… Se retrouver à midi ? Non… C’est gentil… Mais j’ai pas la tête à ça… Bon… Je te laisse… Je dois faire vite ![br][br]
Il démarre et sort de son emplacement. Il s’insère dans la circulation. Prend l’embranchement pour se rendre sur les hauteurs de la ville. Il regarde l’heure sur le tableau de bord, il faut qu’il se dépêche. Il n’allait pas avoir le temps de la voir partir. Il augmente un peu sa vitesse pour arriver à temps. Sa voiture arrive au début de la route escarpée qui dessert les coteaux du Pech. Accélérer. Il ne va peut-être pas réussir à la voir partir. Il veut l’accompagner du regard et la voir s’éloigner jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans l’horizon. Cette route il la connaît par cœur. Il est monté des dizaines et des dizaines de fois. Les coteaux et sa vie amoureuse sont intimement liés. C’est là qu’il a embrassé Élise pour première fois. C’est sur ce banc qu’il a su qu’il l’aimait, et que c’était la femme de sa vie. Ils ont passé tellement de beaux moments là-haut. Elle adore la vue et s’asseoir juste au bord du vide. Il la revoit, les après-midi d’été à l’ombre de leur arbre préféré. Belle comme le printemps, les yeux pétillants, en train de lui sourire pendant qu’il faisait des plans sur la comète.[br][br]
Son téléphone sonne. Quel idiot, il l’a rangé dans sa poche. Il se contorsionne un peu pour l’extraire. Et il regarde son écran. Un message d’Élise. Il garde un œil sur la route.[br][br]
| Appelle moi, y a un incident |
[br][br]
Était-ce grave ? La voiture s’encastre sans ralentir contre l’épais tronc d’arbre. L’avant de la berline se compresse comme on compacte une bouteille en plastique. Sur le choc et avec la vitesse, l’arrière s’élève pour retomber brutalement sur place. Avec l’impact, la colonne de direction remonte au milieu de volant, transperce les airbags et perfore le torse de Julien. Le moteur a violemment reculé pour lui broyer les jambes. Dans la voiture, Julien mortellement blessé, gémit :[br][br]
— Mon… Amour… Élise… Tu… m’entends… Mon… Am…[br][br]
La vie s’échappe. Il pense à Élise, il pense à Éric. Ses poumons se vident une dernière fois. Et il s’éteint en quelques secondes.[br][br][br][br]
***[br][br][br][br]
Tourrié montre la photo à Sanchez et commente :[br][br]
— On pouvait chercher longtemps… Je te présente Julien.[br][br]
— Wow ! Il est salement amoché ![br][br]
Le Professeur de médecine légale transmet le rapport de l’autopsie au Capitaine, qui le consulte rapidement.[br][br][br][br]
« RAPPORT D’AUTOPSIE MÉDICO-LÉGALE[br][br]
Je soussigné, Docteur STOCKHAM Joshua, Chef du service de médecine légale ; certifie avoir procédé ce jour, en vertu de la réquisition sus-citée ; à l’examen médico-légal (et l’autopsie) du cadavre du (de la) nommé (e) :[br][br]
En attente d’identification[br][br]
Avec mission de :[br][br]
– Décrire toute trace traumatique.
– Préciser la cause et mécanisme de la mort.
Examen médico-légal et autopsie du cadavre :[br][br]
L’examen médico-légal (et l’autopsie) du cadavre a (ont) mis en évidence :[br][br]
– De larges lésions thoraciques circulaires
– Une très nette bande traumatique s’étalant depuis l’épaule gauche, jusqu’au bassin, côté opposé.
– Un orifice d’entrée d’une blessure par perforation d’un tube en acier appartenant à la colonne de direction. Blessure siégeant au niveau de l’abdomen.
– Un orifice de sortie de blessure du tube en acier siégeant au niveau de la colonne vertébrale, avec fracas osseux complexe provoquant de nombreuses esquilles de moelle épinière.
– D’importantes pertes de substance gastrique
– De multiples fractures ouvertes sur les membres inférieurs, induites par un écrasement brutal des tissus et de la structure osseuse.
– Des traces de lésions et de fractures sur les membres supérieurs et la boîte crânienne, antérieures au jour du décès.
– Des traces de réanimation médicale.
[br][br]
Conclusion
[br][br]
La mort du (de la) “victime en attente d’identification” est en rapport avec une blessure causée par un accident de la route sur la voie publique. »
[br][br][br][br]
Pendant sa lecture, Tourrié tend un autre dossier à Sanchez. Il contient les éléments détaillés édités par le service de la brigade à propos de l’accident. Elle découvre les détails sordides du choc. Les photos de la carcasse de la voiture. La berline n’était plus qu’un tas de tôle froissée et de verre. Une bouillie de métal aplatie contre un platane. Les photos suffisaient à elles seules pour exprimer la violence du choc. Mais d’autres, plus détaillées, arrivaient encore par dizaines. L’intérieur ravagé de l’habitacle. Le sang sur le siège et le tableau de bord. Les pompiers en train de découper la carcasse pour extraire le pauvre homme. Les bouts de chair sur le volant et la colonne de direction. Et enfin le détail en photo du corps mutilé de Julien. Dont un cliché qui dévoilait son tatouage sur l’omoplate. Le légiste interrompt leur lecture en désignant une poche transparente déposée sur la paillasse.[br][br]
— Son téléphone était éteint lorsque les secours sont arrivés sur place. Ils l’ont consigné avec ses effets personnels.[br][br]
Sanchez observe le téléphone appartenant à Julien. L’écran est largement fissuré. Elle espère qu’en dépit de la batterie, il sera en état de fonctionner. Le modèle est très répandu, tant et si bien qu’elle dispose du même ainsi qu’un chargeur compatible. Elle pourra le mettre en charge au commissariat pour en apprendre un peu plus. C’était les seules infos qu’ils pourraient obtenir de Julien. Avec sa mort, une nouvelle porte se refermait. De nouvelles questions arrivaient.[br][br]
— Le tatouage…[br][br]
— Le même qu’Élise…[br][br]
— Tu as noté Sanchez ? Des fractures antérieures…[br][br]
— Un autre accident ?[br][br]
— Probable…
[br][br]
Tourrié remercie le professeur. Les deux enquêteurs remontent silencieusement sur le parking, les bras chargés des documents du légiste. Tourrié ouvre la portière et pose ses dossiers. Il insère une jambe à l’intérieur du véhicule. Mais Sanchez, ne fait pas le tour de la voiture et poursuit sa marche tout droit sur le trottoir, le regard dans le vide. Seule dans l’obscurité. L’air excédé. Tourrié la regarde s’éloigner. Puis il claque la portière en râlant dans sa barbe.[br][br]
— Et merde ![br][br]
Puis il se met à trottiner pour la rattraper.[br][br]
— Sanchez ! Mais qu’est ce que tu fous ?[br][br]
Elle ne répond pas. La jeune femme lance un regard méprisant et continue sa route. [br][br] Il lui agrippe le bras.[br][br]
— Mais qu’est-ce que t’as ? ![br][br]
Elle s’arrête net. Raide comme un piquet.[br][br]
— Il est tard non ?[br][br]
— Oui, c’est le moins qu’on puisse dire ![br][br]
— Aucun collègue aux alentours ?[br][br]
— Ben on est seul ! À quoi tu joues ??![br][br]
— Alors je considère qu’on est plus en service… Je peux te casser les couilles avec mes crises existentielles ![br][br]
Le capitaine reste silencieux. Sans réaction. Sentant le clash arriver. Acide, elle prolonge son scandale :[br][br]
— Ton coup dans la voiture, je l’ai en travers.[br][br]
— Sanchez… on va pas recommencer…[br][br]
— Non, on va pas recommencer. C’est juste que j’hésite à te vomir immédiatement sur les pompes en pensant à ta queue… À démissionner là, de suite sur le champ ou juste te pourrir la vie jusqu’à la fin de tes jours. Peut-être tout ça en même temps.[br][br]
— Tu es trop en colère pour l’instant. Finissons l’enquête… Viens…[br][br]
Elle éclate en sanglots :[br][br]
— Et ça te suffit ? ! Moi ça ne me suffit pas ! Qu’est-ce qui tourne pas rond chez moi ? Pourquoi tu me fais ça ? ! J’ai mal… J’ai mal putain ![br][br]
Il regarde dans la rue de part et d’autre pour constater que personne n’assistait à ces éclats de voix.[br][br]
— On devrait en discuter au calme… ‘Faut pas rester là dessus…[br][br]
— Au calme ? En discuter plus tard ? ! Mais on est pas dans le même délire !! Tu vois la différence entre nous… Quand je me suis mise à genoux pour toi j’y ai mis mon cœur… Toi tu m’as servi ton bout sans y mettre aucun sentiment. Je t’aime et tu m’as brisée ![br][br]
— Ne dis pas ça… Sanchez, je t’en prie… viens…[br][br]
Elle recule, refusant de le suivre.[br][br]
— Il fait froid ! Je suis crevée ! Je sais même pas ce qu’on fout ici !!! On a tous les éléments pour boucler cette folle dingue depuis 3 plombes ! Et on est là comme des glands à vérifier à droite, à vérifier à gauche… J’en ai ma claque. Et par-dessus tout, je dois faire semblant de te supporter. Après m’être faite jeter comme une conne par une espèce de vieux garçon dont je suis follement amoureuse. Un sadique qui prend un malin plaisir à jouer avec mes sentiments ! Donc le service est terminé. Notre histoire, si on peut appeler ça une histoire… Également ! Mon calvaire aussi. Bonne nuit ![br][br]
— Mais Sanch…[br][br]
— Stéphanie !!!! Stéphanie !!! STE-PHA-NIE !!! C’est comme ça que les gens m’appellent en général quand ils sont sur le point de me culbuter !!![br][br]
Elle repart de plus belle, le laissant sur le carreau. Il la rattrape une nouvelle fois, et la prend par la main. Elle stoppe brutalement sa course. Elle prend une inspiration. Pour lui balancer une dernière vacherie. Un truc bien acide pour le blesser. Bien décidée à lui faire payer son attitude odieuse et tout le mal qu’il lui a fait. Mais il la devance.[br][br]
Tourrié se jette sur elle et l’embrasse fougueusement. Tendrement. Passionnément. Il pose délicatement ses mains sur les joues fraîches de la jeune femme, puis lui saisit la taille. Un mea-culpa. Une demande de pardon. Elle en lâche ses dossiers qui tombent à terre et s’ouvrent pour s’éparpiller sur le trottoir. Et à nouveau, tout son corps s’embrase. Il fait froid, c’est la nuit. Mais tout son être s’électrise, son cœur complètement serré par la déception s’ouvre à nouveau, se réchauffe et brûle intensément. Après une seconde suspendue par l’amour qu’elle lui porte. Il retire lentement ses lèvres pour lui susurrer[br][br]
— N’en doute pas… Je tiens à toi… Pourquoi tu t’arrêtes aux apparences ?[br][br]
Elle ne comprenait pas exactement le sens de sa question. Troublée par le baiser, elle ne pouvait pas y répondre de toute manière. Mais, au fond, elle avait ce qu’elle voulait. Une confirmation. Elle était en partie apaisée. Ils ramassent ensemble les photos sur le trottoir. Tourrié reste silencieux un moment en contemplant la photo de l’omoplate tatouée de Julien. Pendant que la jeune flic s’empresse de récupérer les derniers clichés qui virevoltent au sol avec le vent. Il interpelle sa partenaire et lui montre. Elle se place sous le lampadaire pour mieux regarder ce fameux dessin à l’encre.[br][br]
— Oui… J’ai remarqué aussi.[br][br]
C’était une superbe composition en noir et blanc placée dans le dos, sur l’omoplate gauche. Un phare qui se dressait au milieu d’une vague menaçante. À la base de celui-ci, trois roses. Derrière le phare, une corneille était à moitié cachée. En arrière-plan, la lune était ornée d’un bandeau dans lequel était inscrite la date « 12/06/2014 ».[br][br]
— C’est pas anodin…[br][br]
Sanchez ajoute :[br][br]
— Côté gauche… Côté cœur… La date est récente…[br][br]
La jeune flic poursuit sa réflexion :[br][br]
— La lune, le côté très sombre du phare… La vague… Et la date… Il y aurait plusieurs significations, mais je pense plutôt à la mort… Les 3 roses… Peut-être 3 personnes impliquées…[br][br]
Puis elle reprend[br][br]
— La corneille est un messager de dieu il me semble.
[br][br]
Tourrié, impressionné par la culture de l’encre de sa partenaire lui demande :[br][br]
— Je n’ai pas fait attention dans la voiture toute à l’heure… Tu es tatouée ailleurs Stéphanie ?[br][br]
Elle tourne la tête dans sa direction et sourit… Surprise par le fait qu’il l’appelle enfin par son prénom. Mais elle laissera planer le mystère.[br][br]
—…[br][br]
Le capitaine n’avait pas vu grand-chose dans l’obscurité du parking lors de leurs ébats. Il ne peut s’empêcher d’imaginer… Quelles zones du corps. La cheville ? Les côtes ? Le bas-ventre ?…. Son corps… Une idée qui l’émoustille malgré lui. La jeune femme, intriguée demande à son tour :[br][br]
— Et « vous » capitaine ?[br][br]
Il ne continuera pas sur cette pente qu’il juge glissante. Et revient sur le sujet précédent :[br][br]
— Le phare n’est pas ordinaire… Je suis certain de l’avoir déjà vu.[br][br]
— Possible…. Ce qui m’interpelle, c’est qu’il me semble qu’Élise a la même œuvre…[br][br]
— Faut que je vérifie au poste[br][br]
— On a aussi le contenu du caméscope de la victime à visionner…[br][br]
— On s’arrache on a du boulot![br][br]
La voiture déboule sur le parking désert du commissariat. Sanchez et Tourrié traversent le poste de police presque vide, et se précipitent dans le bureau du capitaine. Elle s’attelle à lancer les recherches autour du tatouage. Lui met en place l’écran plat pour y connecter le caméscope afin de s’installer et de pouvoir visionner les heures de vidéos. Mais avant, il groupe les photos du dossier du légiste et les pose sur le bureau pour que Sanchez puisse les avoir en références. Il peut maintenant se focaliser sur les vidéos de Rachel. Elle se connecte au réseau. Le phare sur le tatouage était tout à fait singulier. Ce n’était pas un simple phare, ou juste un symbole. Ils devaient l’identifier… Il fallait creuser. La jeune recrue tape sur le clavier les mots-clés suivants :[br][br]
« Port de France »[br][br]
Le moteur de recherche affiche instantanément des centaines de résultats. Elle filtre pour ne conserver que les images, et les deux flics naviguent entre les différents clichés proposés à l’écran. Au milieu des centaines de photos de ports, Sanchez remarque une miniature qui pourrait ressembler au tatouage. Et elle clique pour agrandir le visuel.[br][br]
— Hyper ressemblant…[br][br]
Le capitaine était concentré sur le contenu de la caméra. Et il ne prête même pas attention à sa coéquipière.[br][br]
— Il y a d’autres points de vue…[br][br]
Elle clique pour afficher d’autres visuels, dont une photo qui fait mouche.[br][br]
Stop ! Je l’ai ! C’est bien lui ! Exactement le même… Regarde ![br][br]
Tourrié met sur pause la vidéo et se penche sur l’écran de l’ordinateur.[br][br]
— C’est bien ça ! Impeccable.[br][br]
Les deux enquêteurs consultent l’article associé à l’image. Il s’agit du Port de Nice – Villefranche-sur-Mer. Élise l’avait sur la cuisse, Julien dans le dos. Que pouvait signifier ce phare ? Alors que le capitaine compare la photo affichée à l’écran avec celle de l’autopsie, sa réflexion se porte maintenant sur la date inscrite sur le tatouage. Il fait rapidement la liaison avec les différentes synthèses du rapport de l’Institut Médico-légal et en fait part à sa partenaire :[br][br]
— Sanchez, tu vois… Là… 12/06/2014… Ça fait environ 6 mois… Et… Les deux… Portent le même tatouage… Regarde ici, ce qu’a noté le légiste…[br][br]
— De lourdes blessures antérieures… Des fractures… Qui datent d’avant sa mort…[br][br]
— Exactement… Des fractures provoquées par un choc violent…[br][br]
Elle cogite un instant et rafraîchit la mémoire de son supérieur :[br][br]
— Et… le père qui nous a parlé de la mort de son fils suite au fameux accident… Il y a 6 mois…[br][br]
— Exact ! Accident dans lequel il accusait Julien…[br][br]
— Trouve-moi les infos sur ce carton, tu me sors le dossier dès que ça matche.[br][br]
— Je m’y colle.[br][br]
Et elle pianote aussi vite que possible pour interroger les bases de données.[br][br]
« 12 juin 2014 accident voie publique Nice » Et son index appuie sur la touche entrée de son clavier. La requête était lancée dans tous les services, le sablier du curseur de la souris tournait. Bientôt elle aurait toutes les informations. Bientôt ils pourraient comprendre.[br][br][br][br]
[br][br][br][br]
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