Parenthèse avec Sylvain Palvowski

P
Chers tous, j’ai le plaisir de poursuivre cette nouvelle rubrique sur le site en ce qui concerne les couvertures pour mes camarades de plumes : les courageux indépendants. entre deux chapitres et deux peintures, je reprends ma casquette de graphiste au service de mes confrères autoédités. Aujourd’hui, c’est Sylvain Pavlowski qui répond à mes questions.

 

Bonjour, Sylvain, je suis ravi d’avoir pu collaborer avec toi pour ton livre Croyances de Sang et pour la version US de ton roman La Menace Blackstone. Est-ce que tu peux te présenter rapidement et me dire en deux mots ce qui t’a poussé à écrire ?

Bonjour Matthieu, oui bien entendu, avec grand plaisir ! Tout d’abord merci de me donner cette opportunité de parler un peu de moi et de mon travail.

Je suis né à Paris, j’ai 57 ans, même si dans ma tête j’en suis plutôt à 37… Marié depuis 35 ans et j’habite en région parisienne.. J’ai toujours aimé écrire, mais je n’avais jamais réussi à concilier, vie professionnelle, famille et l’écriture, qui, comme tous les auteurs le confirmeront est terriblement chronophage. Il y a deux ans et demi, j’ai donc décidé de poser mes valises et de mettre en pause ma vie professionnelle pour me consacrer à cent pour cent à l’écriture. J’ai passé ma vie dans des avions et travaillé sur à peu près tous les continents… Je fais partie de cette première génération de strat-upers qui a œuvré à la banalisation des technologies de l’information. Cela a d’ailleurs été une chance, car les longs voyages sont propices à la lecture. C’est dans les salles d’embarquement que j’ai fait la connaissance de Harry Bosch, de Harry Hole ou de Kurt Vallander. Au regard de leurs exploits, je m’aperçois d’ailleurs que j’ai pris quelques années… Vallander est orphelin, Bosch à la retraite, même s’il reprend du service ici et là. Quant à Harry Hole… on ne sait pas trop. La lecture a toujours été une passion pour moi, je suis un lecteur compulsif.

Pour se lancer dans le grand bain, il faut une étincelle. Elle a eu lieu quand le scénario pour le Menace Blackstone m’est venu. J’avais la possibilité de parler d’un sujet que je connaissais parfaitement, l’informatisation des places de marché et les Intelligences artificielles, le tout enrobé dans une histoire de terroristes. Parfait ! ai-je pensé, y’a plus qu’à…. C’est comme cela qu’est né mon premier roman.

Sinon, je me passionne en dehors de l’écriture, pour ma famille, mes 3 enfants et mes trois petites filles – Je suis un amoureux de la mer, passion que j’assouvis dès que je pars dans notre maison près de Royan. Je suis un pêcheur et je pratique la voile.

3 enfants, l’écriture et un coup de cœur pour Royan, nous avons quelques points communs. 😉 Quels sont les thèmes que tu aimes aborder ? Et pourquoi ?

Écrire, c’est révéler au monde réel votre vie intérieure, vos espoirs, vos doutes, ce en quoi vous croyez. En cela, écrire demande un certain courage, car qu’on le veuille ou non, nos livres sont parsemés de parties de nous-mêmes, des personnages, des lieux, des situations, des idées véhiculées qui vous sont chères. Il faut accepter en tant qu’auteur, de lever un peu le voile sur vous-même et votre vie privée.

J’ai décidé d’écrire pour exprimer et mettre sur le papier des sujets qui me parlent. J’essaye à ma moindre mesure, sans préjugé, et sans être donneur de leçon j’espère, de parler des maux de notre époque. Avec La Menace Blackstone, j’ai essayé d’exprimer mes craintes concernant les Intelligences artificielles, et le cauchemar que représenterait un monde truffé d’IA. Je fais d’ailleurs une petite digression pour mettre en garde les lecteurs qui achètent sans trop se poser de question les assistants vocaux de Google ou d’Amazon, ces espions qui écoutent tout de votre vie. Incroyable non quand on y pense ? Qui aurait même imaginé il y a 10 ans que nous serions partant pour payer afin de nous doter d’un espion chez nous ? Voyez, ce danger est bien réel, il faut aider les citoyens du monde que nous sommes à comprendre comment la technologie peut nous aider, mais aussi comment éviter qu’elle n’envahisse et piétine nos libertés fondamentales.

Bon, revenons à l’écriture… Dans La Menace Blackstone et Croyances de Sang, je traite aussi du communautarisme, un autre danger rampant de notre société, de la laïcité, des problèmes migratoires, et de l’acceptation de l’autre. Rien de très glamour, je le concède, mais qui sont des sujets que je trouve essentiels pour continuer à vivre dans notre société en perte de repères.

Tout  fait d’accord pour l’IA et ses dangers, j’en parle largement dans « PK : mes derniers mots » et je te rejoins complètement. D’ailleurs mon google Home mini est débranché depuis un petit moment. Au fait, comment es-tu arrivé à l’autoédition ?

Je n’ai pas réfléchi très longtemps. Trouver un éditeur pour un premier livre, sans connaissance particulière de ce milieu, me semblait de toute manière d’une telle complexité que j’ai opté sans même me poser de questions pour l’autoédition.

J’aime bien en fait cette idée d’être libre, de maitriser toute la chaine de production et de valeur. De l’écriture à la mise en page, travailler avec des gens de talents pour l’élaboration du visuel, puis la mise en ligne. Il y a une certaine symbolique à appuyer sur le bouton ‘PUBLIER VOTRE LIVRE’ sur le site d’Amazon (ou autre…) – C’est quand même un aboutissement et un sentiment assez incroyable. Puis vient le temps de la promotion en essayant de trouver des chroniqueuses et des chroniqueurs, des blogueurs, qui vont lire, aimer on l’espère, et publier les premiers retours. J’en profite d’ailleurs pour les remercier, eux qui sont le relais indispensable entre ceux qui écrivent et les lecteurs ! Sans eux, nous n’existerions pas.

Avec le recul et deux livres publiés, avec un troisième en bonne voie, qui devrait, je l’espère, être terminé début 2019, la question se pose de nouveau. Je fais pas mal de salon et de dédicaces, mais je réalise le manque de visibilité dans les points de vente. La formule KDP sur Amazon est une formidable vitrine, mais j’aimerais bien trouver une méthode de diffusion de mes ouvrages au format papier. C’est dans cet esprit que j’ai créé ma société d’édition : Les Editions de Pauline, qui sont le vecteur de distribution de mes livres.

Je réfléchis à essayer de trouver un véhicule de distribution plus large de mes livres au format papier, tout en gardant les droits sur les versions électroniques… A suivre !

Le monde de l’édition est en pleine mutation, les indépendants sont peu diffusés physiquement mais les choses évoluent vite, patience :p Tu peux m’expliquer comment t’est venue l’idée de traduire ton livre et de t’attaquer au marché anglo-saxon ? C’est très courageux, je suis curieux.

Alors là, on touche à un projet très personnel. Comme je te l’ai dit, j’ai passé plus de vingt ans à travailler dans de nombreux de pays, passé beaucoup de temps aux USA, vécu au Royaume-Uni. J’ai un réseau d’ex-collègues et d’amis un peu partout, et je forme l’espoir qu’ils sauront être mes premiers lecteurs et permettre au livre en anglais de se faire connaître. Je crois beaucoup au marché anglo-saxon, par sa taille bien sûr, mais je crois aussi que le story play de La Menace Blackstone peut aussi parler aux lecteurs anglais. Enfin, je suis parfaitement bilingue, et j’ai donc pu travailler avec le traducteur et être un acteur dynamique de ce processus. Un travail assez passionnant d’ailleurs !

Enfin, c’était un rêve, une ambition personnelle que d’éditer un de mes livres et de le lancer aux États-Unis, voilà qui est fait…

Alors maintenant que c’est lancé, je découvre la véritable complexité de ce marché, l’océan de productions qui engorge un marché noyé sous les sorties… Mais je relève le défi !

Un sacré défi ! Le marché est féroce mais, tu as l’avantage de maîtriser cette langue et d’avoir un réseau pour débuter. Parlons un peu du visuel, quelle ambiance souhaitais-tu retranscrire avec ta couverture ?  C’est le moment de nous donner envie ^^ !

Il faudrait demander à un certain Biasotto… c’est lui le créateur non ? 🙂

En réalité, et nous en avons discuté ensemble, Matthieu, la couverture devait correspondre aux codes des livres anglo-saxons. Titre très visible, nom de l’auteur en gros caractères et thèmes traités très appuyés… Il semble que là-bas on ne s’embarrasse pas avec les notions très françaises visant à susciter le désir, de laisser entrevoir sans rien dire. Non, sur ce marché, si ça parle de bagnoles, de courses poursuites, d’ordinateurs ou de menace, tu tapes dans le dur ! Tu mets des grosses cylindrées, des flingues, des drapeaux étoilés, etc. On a fait entre les deux. Avec l’œil pour la menace invisible, mais omniprésente, une ville éclairée au loin noyée dans des caractères informatiques. Tous ceux qui m’ont fait des retours ont d’ailleurs été très positifs. La couverture est une réussite !

Merci ! Oui, d’après ce que j’ai pu voir, les premiers retours sur la couverture sont positifs et j’en suis ravi. Selon toi, est-ce que la couverture est déterminante pour le succès d’un livre ? A plus forte raison sur les plateformes comme Amazon ?

Oui, sans aucun doute. Un livre, et là je ne vais pas me faire que des amis, c’est un produit. Produit intellectualisé certes, mais produit quand même. Alors les mêmes processus d’achat fonctionnent. Je pense que c’est très atténué sur Amazon justement, car tu ne vois les couvertures qu’en format vignettes et donc cela réduit la dépendance lors du choix. Le résumé, les critiques et les retours des chroniqueurs sont, je pense, les éléments déterminants lors des choix des lecteurs. En magasin c’est vraiment le contraire. Il y a ceux qui passent pour acheter le dernier ‘Machin’, et là tu pourrais leur mettre une couverture blanche avec le nom et le prix. Pour les autres je vois bien quand ils passent devant la table de dédicace, les yeux qui scrutent, décodent les couvertures… Le titre et la couverture sont les premiers alliés à ce moment précis où le lecteur potentiel prend le livre en mains… ensuite le charme opère ou non.

À propos du titre, tu as eu l’inspiration immédiatement ? Il s’est imposé au début du projet, en cours d’écriture ou en toute fin ?

Un titre m’est venu très tôt pour La Menace Blackstone, qui s’appelait au tout début ‘Le Projet Blackstone’ et puis… après coup, La Menace me semblait plus approprié. Pour Croyances de Sang, cela a été long. J’ai fait pas mal de tentatives. Pendant la période d’écriture, le projet s’appelait ‘Le Mal du Pays’ qui sont les derniers mots du livre. J’avais cette phrase comme toute dernière fin depuis le début, et je trouvais sympa que cette conclusion soit aussi le titre. Une façon de boucler la boucle. Et puis est venu ce dialogue pendant l’écriture, quand un jeune des banlieues constatant la violence de ce qu’ils font au nom de leur Dieu, demande à celui qui est le chef : Nos croyances ne sont-elles que des croyances de Sang ? et là, je me suis dit ! Voilà c’est le titre !!

Je ne sais pas pour les autres, mais le titre initial est souvent abandonné en cours de route. La raison je crois, c’est que la création est un acte dynamique, et que même si le projet semble bien bouclé au départ, il se passe tellement de choses entre le premier mot et la fin du livre, qu’il est normal que cela évolue.

Je te le confirme, je change souvent, j’adapte parce que le regard posé sur le projet évolue. En tant qu’auteur, qu’est-ce que tu attends d’une bonne couverture ?

Il faut qu’elle exprime l’ambiance du livre, qu’elle permette au futur lecteur de décoder le sujet et de donner envie. Après ce sera à l’histoire de faire le reste…

Et en tant que lecteur ?

Je suis assez bon public. J’aime bien rêver. J’ai besoin de me projeter dès le premier regard.

Lorsqu’on est indépendant, on doit (presque) tout gérer pour publier son livre… Cette liberté est grisante, mais on ne peut pas être bon dans tous les domaines : à quel moment tu t’es dit « OK, il faut que je confie le visuel à quelqu’un ? »

Dès le début de mon projet j’ai décidé de faire faire plutôt que d’essayer de proposer un truc mal ficelé que j’aurais créé moi-même probablement à partir d’une photo glanée sur le Web. Comme dit précédemment, la création de visuels est un travail de pro, alors je me suis tout naturellement tourné vers un pro.

Comment es-tu venu à me contacter ? Pourquoi moi ?

Excellente question ! Pour être honnête, j’ai travaillé avec Rebecca (Rebecca Greenberg) qui a corrigé mon second livre, Croyances de Sang, et j’avais beaucoup aimé la couverture que tu as réalisée pour Le Fil d’Argent… Donc j’ai demandé à Rebecca de me confirmer que tu étais l’homme de la situation, un ping sur messenger… et voilà !

Sacrée Rebecca, c’est une perle 😊  Comment décrirais-tu notre collaboration ?

Ta grande force est de sentir le thème, l’ambiance extrêmement rapidement. Pour Croyances de Sang, j’avais besoin de personnaliser mon personnage de Pauline. On a trouvé une photo qui allait. Pas parfaite, la femme est un peu ‘trop’, mais c’était dans l’esprit… Même chose avec la version anglaise de La Menace… Ambiance conspiration bien retranscrite. Et puis une grande disponibilité, une réactivité irréprochable, surtout dans les dernières heures, quand Amazon te torture par ce que la taille n’est pas parfaite, la place du code-barre est trop petite, etc.

Je dirais, et ce sont pour moi deux grandes qualités, disponibilité et réactivité.

Merci, j’essaie de faire au mieux le plus vite possible. Un conseil à donner aux auteurs qui se lancent sur Amazon à propos de la couverture ?

Pas vraiment… tout ça c’est au feeling. Si, peut-être de ne pas transiger. Une couverture ça vous suit pendant des années… autant être sûr de son coup, quitte à retarder son lancement de quelques heures ou quelques jours. Le visuel est indissociable du livre. Devoir en changer après le lancement est de mon point de vue une erreur marketing grave. C’est (presque) un nouveau lancement qu’il faudra faire ensuite, et on sait tous que cela demande pas mal d’effort que de lancer un nouvel ouvrage.

Tu as tout à fait raison, c’est très compliqué de relancer un livre suite à un changement de visuel. Tu as d’autres projets à venir ?

Yes ! Je suis dans l’écriture du prochain opus des aventures de Pauline. C’est bien entamé. Je dirais 70% de bouclés. Une nouvelle enquête explosive qui fera couler de l’encre… et de l’eau sous les ponts. Vous comprendrez l’allusion lors de la sortie. Je me tâte quant à la date de parution. Mai, pour participer aux Plumes francophones, ou bien un peu avant. Je verrai à ce moment-là.

Où peut-on trouver tes livres, en apprendre davantage sur ton univers ? (Facebook, Insta, Amazon, site ou blog)

Tout est sur Amazon. C’est plus simple d’avoir une seule plateforme, même si c’est évidemment réducteur.

Sinon j’ai un site Web : www.sylvainpavlowski.com, dans lequel j’écris sur des sujets variés. Vous pourrez y retrouver certains de mes thèmes favoris, mais aussi des photos.

Tu peux nous dévoiler ici le texte de 4e de couverture ?

Je vais plutôt mettre le texte de Croyances de Sang, l’autre est en anglais…

Pauline Rougier, Commandante à L’Antiterrorisme se reconstruit doucement après son burn-out, sous le regard bienveillant de Jack Campbell, journaliste au New York Times.

Quand elle arrive sur les lieux d’un accident et constate l’impensable, elle ne sait pas qu’elle vient d’être propulsée au centre d’une mécanique implacable qui pourrait bien détruire Paris.

Dans l’ombre, s’agitent Kamel le chef du Gang des Def Zone et son armée de guerriers urbains, ainsi que Khalid Alzadi, bras armé du milliardaire Saoudien Fouad Al-Naviq, prêts à prendre leur revanche après l’échec du projet Blackstone.

Ce mois d’août bât tous les records de chaleur, alors que s’ouvre à Paris un Sommet Européen sur les migrants, dirigé par le Président Lavalette, dans un climat politique lapidaire.

Pauline devra puiser dans ses ressources et trouver la force de se dépasser dans ce compte à rebours mortel pour enfin découvrir les traces de son passé. Mais pourra-t-elle éviter le pire ?

Croyances de Sang, le nouvel opus de la série « Commandant Pauline Rougier » est un roman dense et rythmé dans lequel des destins s’entrecroisent, prisonniers d’un monde où des forces contraires s’opposent avec violence et dont l’issue est plus que jamais incertaine.

Merci beaucoup pour tes réponses. Un petit mot pour la fin ? 

Oui, merci à toi pour cet interview. Il me reste à passer dans ton sud l’été prochain et partager avec toi une bière… Pour conclure, je dirais à tous ceux qui souhaitent être guidés dans le processus de création d’une couverture, de ne pas hésiter à faire un partenariat avec toi. Ils ne seront pas déçus.

Merci Matthieu.

Avec un immense plaisir pour une bière (ou deux). 😉  A très vite Sylvain.

N’hésitez pas à poser vos questions à l’auteur en commentaire. Si vous avez besoin d’une couverture, hop… direction ma page création de couvertures ! 

 

A propos de l'auteur

Matthieu Biasotto

Auteur indépendant toulousain, rêveur compulsif et accro au café. J'écris du thriller, du suspense avec une touche existentielle.

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