Faida – Chapitre 7

F
Table des matiรจres

Lignes de Fuite

Giulia


La mer sโ€™รฉtend devant moi, immense, infinie, comme une bรชte implacable qui ne connaรฎt ni pitiรฉ ni limite. Chaque vague rugit, monte avec une fureur sourde, avant de sโ€™รฉcraser contre la coque du Luce di Mare, secouant chaque centimรจtre de bois. On dirait que les entrailles du bateau elles-mรชmes sont prรชtes ร  exploser. Le bois grince sous la pression, le mรฉtal hurle, tandis que lโ€™air saturรฉ de sel brut colle ร  ma peau, pique mes yeux, brรปle mes narines. Une odeur suffocante, acide, qui semble vouloir mโ€™รฉtouffer. Ce sel, cโ€™est la mer elle-mรชme, qui cherche ร  me consommer, ร  me marquer de sa morsure. Mes lรจvres, gercรฉes, fendues, portent encore ce goรปt amer de lโ€™รฉcume, comme une amertume qui s’infiltre jusqu’ร  mon รขme.

Autour de moi, le ciel est dโ€™un noir dโ€™encre. Un gouffre sans fond, dรฉchirรฉ par des รฉclairs aveuglants qui zรจbrent lโ€™horizon, projetant des lueurs brรจves et violentes sur ce chaos liquide. Le ciel aussi noir que mes pensรฉes, complice de cette mer qui me dรฉfie, me teste, me pousse jusquโ€™ร  la limite. Comme sโ€™ils conspiraient ensemble pour me briser. La tempรชte approche, inรฉvitable, et je me demande combien de temps encore je pourrai tenir.

Je ne fais mรชme plus attention ร  la pluie. Elle martรจle mon visage, chaque goutte aussi glacรฉe quโ€™une aiguille qui me pique la peau, mais ce n’est rien comparรฉ ร  la rage qui brรปle dans mon cล“ur. Une rage qui dรฉpasse la simple douleur physique. Je refuse de cรฉder, je refuse de devenir ce que les autres pensent de moi : un รฉchec, un maillon faible. Ils doivent penser que je suis finie, que je ne suis plus digne du nom dโ€™Esposito. Ce nom, ce fardeau, une malรฉdiction que je traรฎne depuis trop longtemps. On ne peut pas flancher avec un nom pareil. On nโ€™a pas le droit dโ€™รชtre une silhouette noyรฉe sous le poids des รฉchecs. Mais je ne suis pas ce quโ€™ils croient. Je suis encore debout. Mon cล“ur bat furieusement dans ma poitrine, chaque battement rรฉsonne comme un cri de rรฉbellion. Marco ne se servira plus jamais de moi, plus jamais. Ce serment, je le fais avec chaque fibre de mon รชtre. Cโ€™est tout ce quโ€™il me reste : ma dignitรฉ, ma volontรฉ, et cette promesse.

Mes mains se referment sur la barre, le bois rรขpeux s’enfonce dans mes paumes. Cette barre est tout ce qui me sรฉpare du chaos, tout ce qui me garde en vie. Je serre plus fort, comme si ma vie en dรฉpendait, et c’est sans doute le cas. Le vieux chalutier, fatiguรฉ mais loyal, tangue, se cabre sous les assauts de la mer. Les vagues frappent la coque avec la force de coups de massue, mais le Luce di Mare tient bon, pour lโ€™instant. Le vent hurle dans mes oreilles, un hurlement qui รฉtouffe presque mes pensรฉes, mais dans cette cacophonie, une idรฉe persiste, brรปlante : je vais leur prouver quโ€™ils ont tort. Je reviendrai avec mes filets blindรฉs de poissons. Ils mโ€™ont sous-estimรฉe. Ils ont cru que jโ€™รฉtais finie. Mais je suis encore lร . Je leur montrerai que je suis encore lร  !

Une nouvelle rafale secoue les haubans, faisant rรฉsonner un cri aigu, comme un hurlement dโ€™รขmes tourmentรฉes. Le vent, lui aussi, semble vouloir m’engloutir dans ses tourments, comme s’il me dรฉfiait de tenir bon. Le bateau se penche dangereusement, une vague monstrueuse sโ€™รฉlรจve, sโ€™รฉcrase contre le pont avec une force inouรฏe. L’eau glaciale me frappe au visage, inonde mes poumons d’un goรปt de sel et de fer. Je crache, je grogne de rage. Pas question de cรฉder. Cโ€™est une bataille que je ne peux pas perdre. Chaque goutte qui glisse sur ma peau me rappelle ร  quel point je suis insignifiante face ร  cette force implacable. Insignifiante, oui, mais pas encore vaincue. Je mโ€™accroche, mes muscles tendus ร  l’extrรชme, mon corps tremble sous l’effort, pourtant je refuse de lรขcher. Si je lรขche maintenant, alors tout ce que je suis, tout ce que jโ€™ai combattu, sโ€™effondre avec moi.

Une vague croque le pont avec la fรฉrocitรฉ dโ€™une bรชte blessรฉe, lโ€™รฉcume me lacรจre le visage dโ€™une force intimidante.

Papa, pourquoi ne mโ€™as-tu jamais dit combien la mer pouvait รชtre cruelle ? Sa voix rรฉsonne encore dans ma tรชte, grave, comme une mise en garde que je nโ€™avais pas comprise ร  lโ€™รฉpoque. “La mer ne pardonne plus, Giulia.” Aujourdโ€™hui, ses mots prennent tout leur sens. Mais je mโ€™en fiche. Ce soir, cโ€™est moi qui vais la battre. Sinon, que me restera-t-il ? Si je ne survis pas ร  cette tempรชte, alors qui suis-je vraiment ?

Pietro me dirait que la mer ne cherche pas ร  vaincre, elle existe telle quโ€™elle est. Cโ€™est ร  chacun de prouver quโ€™il mรฉrite de flotter. Je mโ€™accroche fรฉrocement ร  cette idรฉe. Pourtant, un craquement sourd, venu des entrailles du bateau, me fait sursauter. Un rรขle profond, presque un dernier soupir. La coque gรฉmit sous la pression, comme si elle pliait sous le poids de la tempรชte. Tout autour de moi, les vagues se dressent comme des murs liquides, des bรชtes furieuses prรชtes ร  tout dรฉvorer. Elles se dressent devant moi, juges impitoyables prรชts ร  dรฉcider de mon sort. Une nouvelle vague, gigantesque, surgit devant moi. Le Luce di Mare est projetรฉ en arriรจre, mon corps arrachรฉ ร  la barre. Je vole, percutant le pont avec une violence qui me coupe le souffle. Mes genoux heurtent le bois dans un bruit sourd, la douleur explose, mais elle est secondaire. La douleur nโ€™a plus dโ€™importance. Je nโ€™ai pas le luxe de mโ€™attarder sur รงa.

Je me redresse, mes jambes tremblent sous moi, mon souffle haletant. Le goรปt mรฉtallique du sang envahit ma bouche. Jโ€™ai dรป me mordre en tombant. Merdeโ€ฆ Le bateau tangue, encore plus violemment, et une angoisse froide mโ€™envahit. La peur sโ€™infiltre, tente de sโ€™emparer de moi, mais je la repousse. Il nโ€™y a pas de place pour la peur ici. Je nโ€™ai pas le droit dโ€™avoir peur. Les รฉclairs dรฉchirent lโ€™obscuritรฉ, projetant des ombres dรฉformรฉes tout autour de moi. Je saisis un cordage, mes mains glissent sur la corde trempรฉe, mais je continue, mes gestes rapides, presque frรฉnรฉtiques. Chaque nล“ud que je fais est une priรจre silencieuse, une supplique ร  la mer pour quโ€™elle me laisse vivre encore un peu. Mais la mer nโ€™a pas de pitiรฉ. Une nouvelle vague, encore plus massive, sโ€™รฉlรจve devant moi. Un mur d’eau noire, gigantesque, qui menace de mโ€™engloutir tout entiรจre.

Je nโ€™ai mรชme pas le temps de crier. L’impact est brutal. Lโ€™eau glaciale me frappe de plein fouet, me coupe le souffle. Mon corps est arrachรฉ du pont, projetรฉ dans le vide. Mes bras battent lโ€™air dรฉsespรฉrรฉment, mais il nโ€™y a rien ร  attraper. Rien que le vide, le nรฉant qui mโ€™appelle. Juste le vide. Puis, soudain, lโ€™eau mโ€™avale.

La Mรฉditerranรฉe mโ€™entoure, une masse infinie, froide, oppressante. Tout devient silence. Un silence lourd, รฉcrasant. Sous lโ€™eau, le temps sโ€™arrรชte. Tout se fige. Seul reste ce silence, et la conscience que tout pourrait se terminer ici. La mer me pousse vers le fond, mes poumons brรปlent, dรฉsespรฉrรฉs, suppliants pour une bouffรฉe dโ€™air. La moindre seconde est une lutte pour la survie. Je me dรฉbats, je tente de remonter, mais chaque mouvement est lent, pesant, comme si la mer elle-mรชme sโ€™accrochait ร  moi pour me retenir. Elle ne veut pas me lรขcher. Elle veut me garder pour elle. Le froid me transperce jusquโ€™aux os. Mes poumons se contractent, mes muscles hurlent, mais je ne peux pas cรฉder. Pas ici, pas comme รงa.

Dans un ultime effort, je tends la main vers la lumiรจre. La surface est lร , vacillante au-dessus de moi, mais si lointaine. Je frappe lโ€™eau avec tout ce quโ€™il me reste, mes forces mโ€™abandonnent, mais je refuse de lรขcher. Pas maintenant. Pas comme รงa. La volontรฉ de vivre est plus forte que tout. Et soudain, lโ€™air. Lโ€™air froid, violent, sโ€™engouffre dans mes poumons brรปlants. Une dรฉlivrance, mais temporaire. La bataille nโ€™est pas encore finie. Je suffoque, je crache lโ€™eau, mes doigts sโ€™agrippent ร  une corde flottante. Autour de moi, la mer est toujours lร , furieuse, indomptable. Elle ne mโ€™a pas encore laissรฉe partir. Mais je suis encore lร . Contre toute attente, je suis encore lร .

Le vent hurle, plus fort que jamais. Il fouette mon visage comme une rafale de gifles glacรฉes, mais cette fois, je lโ€™entends.

โ€” Pas ce soir, pitiรฉ.

Plus qu’un murmure entre deux inspirations laborieuses, une derniรจre priรจre. Je suis encore lร . Minuscule et vulnรฉrable, dans lโ€™รฉcume.

Mais jusquโ€™ร  quand ?

Gianni

Je reconnais immรฉdiatement le bateau, et l’ivresse se dissipe en un instant, soufflรฉe par une bourrasque invisible. Il faut รชtre fou pour sortir en mer avec un temps pareil. Fou ou dรฉsespรฉrรฉ. Une clartรฉ brutale me heurte de plein fouet. Ce n’est pas juste un vieux rafiot brinquebalรฉ par les vagues. Non. Cโ€™est le dernier vestige dโ€™une รฉpoque rongรฉe par les querelles et les rancunes. Et pourtant, ร  cet instant, ce que les Rossi et les Esposito ont bรขti ou dรฉtruit nโ€™a plus dโ€™importance. Ces souvenirs sont une ombre, balayรฉe par la lumiรจre crue de la rรฉalitรฉ. Ce soir, une vie est en jeu.

Le vent dรฉchire l’air. Violent. Sauvage. Il hurle comme une bรชte enragรฉe. Les vagues frappent la coque avec une force presque humaine. La mer veut dรฉvorer le chalutier des Esposito. Tout devient insignifiant. Il ne reste que la survie. Dans le chaos, une silhouette fragile lutte. ร€ peine visible dans le dรฉluge. Un point minuscule, giflรฉ par lโ€™รฉcume. Une vie balayรฉe par une vague monstrueuse. La mer tend sa main rageuse. Elle veut une รขme.

Giulia.

Son nom pulse dans mes veines comme un battement irrรฉgulier. Elle est lร -bas, ร  se dรฉbattre contre la mer dans un combat titanesque, presque perdu dโ€™avance. Lโ€™eau tourbillonne autour dโ€™elle, prรชte ร  lโ€™engloutir. Si petite, si fragile dans cette immensitรฉ dรฉchaรฎnรฉe.

Lโ€™urgence me frappe comme une lame glacรฉe. Chaque battement de mon cล“ur martรจle cette vรฉritรฉ : une vie est en jeu, et je ne peux pas rester passif.

โ€” Donaย ! Machineย ! Appelez les secours !

Ma voix se perd sur la terrasse, รฉtouffรฉe par la furie des รฉlรฉments. Une rรฉponse dรฉsespรฉrรฉe me parvient, รฉcrasรฉe par le vent :

โ€” ร‡a ne fonctionne pas avec cette tempรชte, Gianni !

Je fixe Dona un instant, son visage aussi pรขle qu’une lune noyรฉe dans lโ€™obscuritรฉ, ses yeux รฉcarquillรฉs par la terreur. Mais dรฉjร , mon esprit sโ€™รฉloigne. Mon monde se rรฉtrรฉcit. Il ne reste que la fille Esposito. La mer. Et cette lutte dantesque contre l’inรฉvitable. Mon estomac se tord douloureusement. Le temps presse. Chaque seconde est une รฉternitรฉ oรน elle pourrait disparaรฎtre. Mes pieds glissent sur les pavรฉs mouillรฉs alors que je cours, luttant contre un sol traรฎtre qui cherche ร  me retenir ร  chaque pas. Au niveau du ponton, le vent siffle ร  mes oreilles, une rafale glaciale qui me coupe le souffle, brรปle ma gorge. Chaque inspiration est une morsure, un rappel douloureux que le temps mโ€™รฉchappe. Mais cette bataille nโ€™est quโ€™un prรฉlude ร  celle qui mโ€™attend : celle contre la mer elle-mรชme.

Le vent hurle, comme une crรฉature furieuse. Ici, les anciens disent que la mer a une รขme, quโ€™elle choisit ceux quโ€™elle garde et ceux quโ€™elle rend. Ce soir, je refuse dโ€™y croire, mais une ombre de doute serpente en moi. Je ne laisserai pas la mer choisir. Pas cette nuit.

Le moteur du hors-bord rugit sous mes mains tremblantes, son รฉcho se mรชlant au hurlement du vent, couvrant ร  peine le bruit des vagues qui frappent la coque. La Mรฉditerranรฉe, habituellement si douce, s’est muรฉe en une bรชte sauvage, prรชte ร  broyer quiconque osera la dรฉfier. Chaque vague est une montagne liquide qui sโ€™รฉlรจve pour mโ€™รฉcraser, un dragon dโ€™รฉcume. Un vertige me prend, mais je lโ€™รฉcrase. Lร , tout de suite, le doute, c’est la mort. Mes mains se crispent plus fort sur les commandes. Ce nโ€™est plus une question de courage, cโ€™est une question de destin.

Chaque respiration est un combat, mes poumons peinent ร  aspirer cet air saturรฉ de sel, de pluie, de peur. Mais cette brรปlure dans mes bronches me garde en vie tandis que le bateau fend lโ€™eau avec une violence insoutenable. Chaque vague est un coup de masse, un choc brutal qui me projette en lโ€™air pour mieux mโ€™รฉcraser ensuite. Mes doigts sont crispรฉs, blanchis par la pression. Le sel me brรปle les yeux, les larmes se mรชlent ร  lโ€™eau qui fouette mon visage. Le moindre clignement de paupiรจres est une torture. La pluie martรจle ma peau comme des aiguilles d’acier, chaque goutte ressemble ร  une lame froide.

ร€ travers le rideau dโ€™eau, je lโ€™aperรงois enfin. Giulia. Sa silhouette frรชle, ballottรฉe comme un fรฉtu de paille, une vie suspendue dans ce chaos insensรฉ. Elle est lร , prรชte ร  sโ€™รฉteindre sous le poids de tout ce quโ€™elle porte.

Mon cล“ur menace d’exploser sous la pression, battant si fort que jโ€™ai lโ€™impression que mes cรดtes vont รฉclater. Il est des moments oรน la mer n’est plus un ennemi, mais un miroir. Et dans ses profondeurs, c’est notre propre naufrage que lโ€™on redoute le plus. Le moteur du hors-bord grogne sous l’effort, chaque vague engendre une lutte acharnรฉe contre la mer. Les soubresauts du bateau me projettent en avant. Mes muscles se tendent, chaque fibre de mon corps hurlant sous la tension. Mes bras se crispent sur le volant. Jโ€™attrape une corde de sรฉcuritรฉ, lโ€™attache autour de mon poignet, le nล“ud si serrรฉ quโ€™il mord ma chair, mais je nโ€™en ai plus conscience.

Les vagues mโ€™arrachent presque ร  ma trajectoire. Chacune est un coup de poing, un choc qui me dรฉsรฉquilibre, mais je tiens bon. Mes bras brรปlent, mes jambes tremblent sous lโ€™effort. Il faut tenir. Coรปte que coรปte. Quelques mรจtres encore. Je pourrais lui lancer la corde. Mais la distance entre elle et moi sโ€™รฉtire comme une ligne de vie fragile au grรฉ des courants.

Je la vois vaciller, prรชte ร  sombrer sous la violence des flots. Ses mouvements ne sont plus que des spasmes dรฉsespรฉrรฉs. Je crie, mais mes mots se perdent dans la tempรชte :

โ€” Tiens bon ! Je suis lร ย !

Pas de chance, le vent et les vagues dรฉvorent mes paroles. Ma voix n’est qu’un souffle fragile face ร  la tempรชte. Avec lโ€™รฉnergie du dรฉsespoir, je lance la corde, chaque parcelle de mon รชtre suspendue ร  ce geste. Mon cล“ur bat ร  un rythme frรฉnรฉtique.

Une vague gigantesque se dresse derriรจre elle, colossale, prรชte ร  sโ€™abattre. Cโ€™est comme si la mer elle-mรชme dรฉcidait de juger cet instant. Ses mouvements faiblissent. Elle flรฉchit, prรชte ร  abandonner. Cette vague monstrueuse nโ€™en finit pas de sโ€™รฉlever, immense, prรชte ร  tout engloutir. Son ombre nous recouvre, vaste et oppressante. Le jugement approche et vient de tomber.

Le temps ralentit. La dรฉferlante explose sur nous dans un rugissement bestial. Mon cล“ur bat si lourdement qu’il en devient douloureux. Je la vois disparaรฎtre sous lโ€™eau, emportรฉe par la vague. Mon esprit se brise. Lโ€™espoir se rompt comme une corde trop tendue.

Je plonge mes bras dans lโ€™eau glacรฉe, cherchant dรฉsespรฉrรฉment ร  la rattraper. Mes doigts fouillent le vide. Mais il nโ€™y a rien dans lโ€™รฉcume. Rien dโ€™autre que ce silence oppressant qui pรจse sur mes รฉpaules comme une condamnation. Le vide, le silence.

โ€” Giulia !

Mon cri se perd dans le vent, un hurlement de dรฉtresse balayรฉ sans pitiรฉ. Le vent me rรฉpond par un souffle glacial, moqueur. Les vagues se rient de moi. Elles continuent leur danse sauvage, indiffรฉrentes ร  ma douleur. Elle est lร , quelque part, engloutie par cette mer impitoyable, et je suis impuissant.

Et tout en moi se fige, se brise sous le poids de cette certitude implacable.

Chaque seconde rรฉduit mes chances de la retrouver. Mes yeux scrutent la surface, cherchant un signe, tandis que le courant menace de mโ€™emporter. Une seule pensรฉe me hante : soit je la sauve, soit on y reste tous les deux.
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Ce qu’il se passe entre Giulia et Gianni est encore plus beau en musique. Tu savais que j’ai รฉcrit chaque scรจne en sรฉlectionnant ร  chaque fois le bon son ? Dรฉcouvre la playlist.

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A propos de l'auteur

Matthieu Biasotto

Auteur indรฉpendant toulousain, rรชveur compulsif et accro au cafรฉ. J'รฉcris du thriller, du suspense avec une touche existentielle.

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