La Pelote de Laine Chapitre 18

L

Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c’est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun.

Georges Bernanos

À ce stade de notre pelote, tu t’en doutes, je vais aller droit au but et m’en tenir à l’essentiel en essayant de ne pas trébucher dans la dernière ligne droite. Dans le brouillard que nous offre le conflit ukrainien et son traitement médiatique si particulier, il y a peu de chance pour que je fasse totalement le tour du sujet en un seul chapitre, reste à attaquer sans détour sans se perdre ni prendre une balle perdue. Pour y parvenir, je ne marcherai pas sur les talons des médias corrompus et je m’inscris dans une franche rupture vis-à-vis de tous les perroquets de l’Agence France Presse qui nous livrent le récit officiel sur les plateaux TV. Pour tenter de comprendre la situation en Ukraine, saisir les enjeux qui se trouvent derrière et cerner sa place presque centrale dans les rouages de notre pelote rouge, il nous faut tirer sur un fil qui nous éloigne de la ligne de front et nous ramène en 2014.

En 2014, et vue de loin, la révolution ukrainienne ressemblait à un peuple qui désirait rejoindre l’Europe, s’éloigner de la Russie, espérant le départ de son président corrompu, Viktor Ianoukovitch. On ne savait pas encore que la chute de celui-ci était financée entre autres par George Soros, moi, j’ignorais même qu’il y avait des marionnettistes dans « ma vie d’avant ».

À l’époque, une diplomate américaine, Victoria Nuland, était venue au cœur des manifestations de l’Euromaïdan pour offrir à ce peuple plein d’espoir des cookies et des petits pains. Et « Toria », ce n’est pas n’importe qui dans le gouvernement US, c’est la secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes. Vicky ou Vivi, appelle-la comme tu veux, est une des pièces maîtresses du conflit entre l’Ukraine et la Russie, mais j’y reviendrai après.

Toujours à l’époque, l’Occident et les médias se postent du côté des insurgés, surtout lors des affrontements avec la police. Ce jour-là, le peuple avait « gagné », Ianoukovitch, le président pro-russe était destitué par le parlement, l’Europe, Soros et l’Occident se frottaient les mains, un futur plus radieux tendait alors les bras aux Ukrainiens. Ou pas…

Parce que ce qu’aucun média ne te dit, c’est que si on regarde de près… dans les manifestants, au milieu des fumigènes et des hurlements de la foule, il y avait des individus cagoulés portant un logo étrange, des insignes qui auraient dû nous interpeler. La main jaune de Svoboda flottait sur les drapeaux, une drôle de croix qui ressemble à celle de la 2e division SS Das Reich se trouvait sur les brassards, un trident rouge et noir était exhibé en guise d’étendard. Voilà qui ne présageait rien de bon, mais tout a été passé sous silence.

Le régiment Azov, les radicaux du Secteur Droit et Svoboda sont composés de milices néonazies et nationalistes qui se sont installées dans le paysage politique, en s’offrant ce qu’on appelle un coup d’État avec l’aide des USA, appelons un chat, un chat. Si bien que 18 mois plus tard lorsque la Crimée a été annexée par la Russie, les miliciens du Secteur Droit tiennent par exemple la frontière avec l’Ukraine, exerçant un blocus qui entraînera des tensions permanentes avec le Kremlin et un mur érigé par les Russes.

Le rôle des milices paramilitaires (entrainées depuis un bail par la CIA) vis-à-vis du gouvernement et de la police est des plus ambigus, une chose est sûre, c’est qu’elles confisquent le pouvoir dans la rue et qu’elles pèsent au sommet de l’État ukrainien sans que les racines nazies ne gênent ni l’exécutif ni les ricains.

Un exemple au hasard pour illustrer cette étrange posture morale, le député Oleh Tyahnybok, leader du parti d’extrême droite « Svoboda », peut manger tranquillou avec le sénateur américain John McCain.

Mais bon, après tout, les Américains ont un lien assez particulier avec les nazis : après la Seconde Guerre mondiale, ils ont bien exfiltré 1 500 scientifiques nazis dans le cadre de l’opération Paperclip. Parce que c’est sans doute dans l’horreur, en piétinant la morale et la loi, que la science a fait de grands bonds en avant, hors de question de passer à côté de tant de savoirs. Et les ricains ne se sont pas contentés d’accueillir les scientifiques nazis, ils ont lavé leur passé pour mettre les meilleurs éléments de ce cher Hitler à la tête de la NASA par exemple, mais aussi à la DARPA, à la CIA et j’en passe… Et puis ce n’est pas comme si Prescott Bush, le grand-père de George W. Bush avait financé Hitler pour sa montée au pouvoir et même durant la guerre… (il n’est pas le seul, la famille royale d’Angleterre également et les Rothschild aussi trempent là-dedans.) Je me demande pourquoi tout ça n’est pas enseigné dans nos manuels scolaires d’histoire…

Bref, en 2015, le nouveau président milliardaire Petro Porochenko fraichement intronisé coupe ses liens avec la Russie pour se tourner aveuglément vers les Américains. Au point que la nouvelle ministre des Finances, Natalie Jaresko, est une ancienne diplomate américaine naturalisée dans la matinée précédant sa prise de fonction.

Aux yeux de la population, les fameuses milices ont permis le changement de régime au terme de la révolution, là-bas, les hommes de ces groupes néonazis sont considérés comme des héros. Il faut savoir que la figure historique Stephan Bandera, nazi notoire, imprègne encore la culture contemporaine et les consciences en Ukraine. Du coup, les milices sont devenues une force politique et médiatique, à l’instar d’Igor Mosiychuk, député au parlement (jusqu’à ce qu’il se fasse arrêter pour corruption).

Rapidement les milices, notamment le Secteur Droit, se chargent de faire régner l’ordre dans les rues avec des méthodes peu conventionnelles qui consistent généralement à brutaliser puis attacher un individu à un poteau. (Une pratique qui sera largement répandue durant le conflit avec la Russie en 2022, j’y reviendrai par la suite.)

Et peu à peu ces mêmes milices ont basculé du rôle de manifestants à celui de guerrier contre les mouvements de contestations pro-russes qui se multipliaient à l’est du pays. Car culturellement et historiquement, l’est de l’Ukraine a le cœur toujours en Russie, ou plus exactement en URSS. Une énorme partie de la population est d’origine russe et parle le russe. Ce qui est inacceptable pour le nouveau gouvernement gangréné de fascistes armés jusqu’aux dents. À cause d’une armée régulière ukrainienne faible et désorganisée, le régiment Azov pèse de plus en plus, si bien que le gouvernement lui donne des armes que le bataillon ne rendra jamais.

Quand le gouvernement en place annonce son intention d’interdire l’usage de la langue russe comme langue officielle dans le Donbass, région que ce même gouvernement bombarde depuis un petit moment déjà (je t’invite à regarder le documentaire censuré de Anne-Laure Bonnel, « Donbass »), c’est la mesure qui met le feu aux poudres. Les Russes d’Ukraine qui ne parlaient pas l’ukrainien se sont sentis rejetés, mis au ban de la société.

De son côté, Poutine s’agace depuis un petit moment avec l’expansion de l’OTAN jusqu’aux portes de Moscou. Autant te dire qu’il soutient la rébellion de la population russophone malmenée.

Du coup à l’est de l’Ukraine, Donetsk et Lougansk se soulèvent, la situation est explosive, si bien qu’au Sud, dans le grand port d’Odessa, fin avril 2014 le mouvement pro-russe commence aussi à manifester daredare. Le nouveau gouvernement est sous pression, refusant de perdre ce port stratégique, il n’a pas confiance en sa police, alors il s’appuie sur les milices nationalistes. Et le 2 mai 2014, les choses vont basculer dans l’horreur.

C’est le tristement célèbre massacre d’Odessa où des manifestants pro-russes vont se réfugier dans la Maison des Syndicats. Je te replace dans le contexte : une odeur de pneus brulés et de sang, des armes des deux côtés et des pavés lancés au milieu des fumigènes. Les cocktails molotovs sont de la partie, la haine de l’autre aussi. Les émeutes vont durer 4 heures devant une police totalement passive, et on troque les jets de pierre contre des coups de feu. 2 morts chez les pro-Ukraine et 4 dans le camp pro-russe. À 18 heures, les pro-russes sont totalement sonnés, mais les pro-ukrainiens survoltés ne comptent pas en rester là. La milice locale décide d’en finir pour de bon avec le campement pro-russe qui se tient au pied de la Maison des Syndicats, et c’est à ce moment précis que les choses dérapent méchamment.

Pris d’assaut par une meute survoltée, les 350 pro-russes voient leur campement détruit et se réfugient dans la Maison des Syndicats, très vite encerclée par une foule de 3 000 individus. À l’intérieur, se trouvaient aussi des femmes et des enfants. Les cocktails molotovs sont jetés des deux côtés, blessant la foule qui, en réponse, a embrasé le bâtiment. Certains pro-russes sont morts en voulant s’échapper par les fenêtres, succombant à une chute mortelle. La foule et les gars des milices tiraient à vue sur les corps fuyants les flammes ou les achevaient au sol après une chute de plusieurs étages. Les autres périssent dans les flammes, ils sont une soixantaine à mourir lors de ce grave incident, le gouvernement et la justice laisseront impunis les responsables, aucune enquête ne verra le jour.

Au bout du compte, comme le dit l’excellent documentaire «Ukraine : les masques de la révolution » de Paul Moreira, la révolution ukrainienne vient d’engendrer un monstre qui va se retourner contre ses créateurs…

C’est ainsi qu’à Kiev, le parti Svoboda devient incontournable et son leader Oleh  Tyahnybok apparaît comme soudainement très fréquentable (avant de basculer dans l’opposition). On le voit aux côtés de John McCain, Joe Biden, pas encore président et Victoria Nuland.

Et pour comprendre cette collusion étrange entre le gouvernement ukrainien, les milices néonazies et le gouvernement américain, il faut s’arrêter sur la 12e Conférence « Yalta European Strategy » qui s’est tenue du 10 au 12 septembre 2015.

La YES Conférence, c’est ni plus ni moins que le forum dans lequel on décide du destin de l’Ukraine. À l’époque, tu y retrouves entre autres : Shimon Peres, Tony Blair, Elton John, l’ancien général américain limogé Stanley McChrystal, l’ancien chef de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, l’ancien ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, le président de l’oligarque ukrainien Petro Porochenko, le Premier ministre illégitime Arseniy Yatsenyuk, l’aspirant présidentiel américain Donald Trump et la secrétaire d’État adjointe américaine Victoria Nuland. Dans le public tu as même Bernard-Henry Lévy et Dominique Strauss-Kahn pour applaudir les ordres donnés par Washington.

Porochenko ouvre le bal, suggérant ni plus ni moins qu’une escalade de la guerre contre le Donbass :

« Maintenant, il est grand temps de discuter de la possibilité de déployer une opération dans le Donbass pour soutenir la bonne mise en œuvre de l’accord de Minsk. » 

On parle, là, des conditions de cessez-le-feu qu’il a immédiatement violées après avoir accepté de les observer, mobilisant 90 000 soldats pour faire un pas de plus vers la guerre, refusant de retirer les armes lourdes des positions de première ligne – conformément au mandat – et bombarder les communautés civiles plusieurs fois par jour.

Lawrence H. Summers, secrétaire du Trésor américain (1999-2001), nous éclaire dès qu’il prend le micro « On ne vient pas faire la charité, l’Ukraine est un avant-poste essentiel de nos intérêts militaires fondamentaux ».

Général David Petraeus, directeur de la CIA (2011-2012) sous Obama, et qui œuvrait déjà pour le président Bush en Irak (2003-2008), plaide à présent pour livrer des armes anti-chars aux Ukrainiens :

« Ce qu’il (Poutine) adorerait c’est recréer l’empire russe, c’est son but ultime, il a très peur qu’un pays comme l’Ukraine ne décolle. C’est son pire cauchemar… Il est temps pour les pays occidentaux de fournir des armes anti-chars qui pourraient stopper l’avancée des tanks russes. »

Le Général McChrystal a longtemps été à la tête du très secret JSOC (Joint Special Operations Command), l’unité qui a eu la peau d’Oussama Ben Laden. Il expose sa pensée à propos des milices nazies ukrainiennes au micro de Paul Moreira :

« Je pense qu’il faut les professionnaliser en les équipant mieux, mais le plus important c’est de les inciter à adopter un bon comportement en les liant au gouvernement… Comme on l’a vu en Afghanistan lorsqu’on laisse des groupes armés dans la nature, il peut y avoir des problèmes de mauvaise conduite. »

Enfin, Victoria Nuland l’architecte américaine de la nouvelle Ukraine enfonce le clou aux portes d’une guerre qui semblait inévitable tant les américains ont soufflé sur les braises :

« Nous apportons une aide militaire de défense permanente, plus que n’importe quel autre pays, en entraînements et en équipements. Nous avons eu un impact énorme sur le champ de bataille. »

Tu vois, quand on passe la tête en coulisse, on se rend compte que l’Ukraine était programmée pour être une poudrière et que ça ne pouvait que péter.

Et comme je te le disais, « Toria » n’est pas n’importe qui, elle a travaillé pour tous les présidents américains depuis 1993, c’est la secrétaire d’État pour l’Eurasie depuis 2013, sa spécialité se résume donc en trois mots : provoquer contenir la Russie.

Interrogée par M. Rohrabacher au Congrès américain le 8 mai 2014, elle a admis connaitre l’existence de groupes néonazis dans la révolution ukrainienne. Du coup, elle ne pouvait pas l’ignorer en distribuant des petits pains devant les caméras.

Victoria agit en toute connaissance de cause, c’est même elle qui tire les ficelles pour Washington. Son fameux enregistrement audio avec l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt, est édifiant (traduction automatique) :

Victoria Nuland (VN) : Qu’en pensez-vous ?

Geoffrey Pyatt (GP) : Je pense que nous sommes en train de jouer. La pièce de Klitschko [Vitali Klitschko, l’un des trois principaux chefs de l’opposition] est évidemment l’électron compliqué ici. Surtout l’annonce de lui en tant que vice-premier ministre et vous avez vu certaines de mes notes sur les problèmes du mariage en ce moment, alors nous essayons de savoir très rapidement où il en est sur ce sujet. Mais je pense que votre argument devant lui, que vous devrez lui présenter, je pense que c’est le prochain appel téléphonique que vous voulez organiser, est exactement celui que vous avez fait à Yats [Arseniy Yatsenyuk, un autre chef de l’opposition]. Et je suis content que vous l’ayez en quelque sorte mis sur la place qu’il occupe dans ce scénario. Et je suis très heureux qu’il ait dit ce qu’il a dit en réponse.

VN : Bien. Je ne pense pas que Klitsch devrait entrer au gouvernement. Je ne pense pas que ce soit nécessaire, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

GP : Ouais. Je suppose… qu’il n’entre pas dans le gouvernement, laissez-le simplement rester dehors et faire ses devoirs politiques et tout. Je pense juste en termes de sorte de processus qui va de l’avant, nous voulons garder les démocrates modérés ensemble. Le problème va être Tyahnybok [Oleh Tyahnybok, l’autre chef de l’opposition] et ses gars et je suis sûr que cela fait partie de ce que [le président Viktor] Ianoukovitch calcule sur tout cela.

VN : [intervient] Je pense que Yats est le gars qui a l’expérience économique, l’expérience de gouvernance. C’est le… ce dont il a besoin, c’est de Klitsch et de Tyahnybok à l’extérieur. Il doit leur parler quatre fois par semaine, tu sais. Je pense juste que Klitsch entre… il va être à ce niveau en travaillant pour Yatsenyuk, ça ne marchera tout simplement pas.

GP : Ouais, non, je pense que c’est vrai. D’ACCORD. Bon. Voulez-vous que nous organisions un appel avec lui comme prochaine étape ?

VN : D’après ce que j’ai compris de cet appel – mais vous me dites – c’était que les trois grands allaient à leur propre réunion et que Yats allait offrir dans ce contexte une… conversation à trois plus un, ou à trois plus deux avec vous. N’est-ce pas ainsi que vous l’avez compris ?

GP : Non. Je pense… Je veux dire que c’est ce qu’il a proposé, mais je pense que, connaissant simplement la dynamique qui a été avec eux où Klitschko a été le meilleur chien, il va prendre un certain temps pour se présenter à la réunion qu’ils ont. Et il parle probablement à ses gars à ce stade, donc je pense que vous… lui tendre la main directement aide à la gestion de la personnalité parmi les trois, et cela vous donne également une chance d’agir rapidement sur tout cela et de nous mettre derrière avant qu’ils s’assoient tous et il explique pourquoi il n’aime pas ça.

VN : D’accord, bien. Je suis heureuse. Pourquoi ne pas le contacter et voir s’il veut parler avant ou après ?

GP : OK, ça ira. Merci.

VN : OK… encore une ride pour toi Geoff. [Un déclic se fait entendre.] Je ne me souviens pas si je vous ai dit ceci, ou si j’ai seulement dit ceci à Washington, que lorsque j’ai parlé à Jeff Feltman [secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques] ce matin, il avait un nouveau nom pour le gars de l’ONU, Robert Serry je t’ai écrit ça ce matin ?

GP : Ouais j’ai vu ça.

VN : D’accord. Il a maintenant obtenu que Serry et [le secrétaire général de l’ONU] Ban Ki-moon acceptent que Serry puisse venir lundi ou mardi. Ce serait donc formidable, je pense, d’aider à coller cette chose et d’avoir l’aide de l’ONU pour la coller et, vous savez, Fuck the EU.

GP : Pas exactement. Et je pense que nous devons faire quelque chose pour qu’il reste solidaire parce que vous pouvez être à peu près sûr que s’il commence à prendre de l’altitude, les Russes travailleront dans les coulisses pour essayer de le torpiller. Et encore une fois, le fait que ce soit là en ce moment, j’essaie toujours de comprendre dans mon esprit pourquoi Ianoukovitch (brouillé) cela. En attendant, il y a une réunion de faction du Parti des régions en cours en ce moment et je suis sûr qu’il y a une discussion animée en cours dans ce groupe à ce stade. […] Alors, laissez-moi travailler sur Klitschko et si vous pouvez juste continuer… nous voulons essayer de trouver quelqu’un avec une personnalité internationale pour venir ici et aider à accoucher cette chose.

VN : Donc, sur cet article Geoff, quand j’ai écrit la note [le conseiller à la sécurité nationale du vice-président américain Jake] Sullivan est revenu vers moi VFR [direct to me], disant que vous avez besoin de [Vice-Président Joe] Biden et j’ai dit probablement demain pour un atta-boy et pour que les deets [détails] collent. Alors, Biden est prêt.

GP : D’accord. Génial. Merci.

Tu vois, outre le fait que cette discussion illustre l’implication manifeste des États-Unis qui a composé à sa guise le gouvernement ukrainien fantoche et modelé la sombre destinée de l’Ukraine, Victoria possède une vision bien à elle de l’Europe qui doit « aller se faire foutre ».

Mais on ne peut pas lui en vouloir, son « Fuck the EU », rejoint la pensée de son mari Robert Kagan, l’auteur d’un livre célèbre : La Puissance et la faiblesse (Plon, 2003), dans lequel il explique que « les Américains sont de Mars et les Européens de Vénus ».

Cependant, ce n’est pas le fait le plus intéressant en ce qui concerne Victoria, ce qui est réellement instructif, c’est son allocution au tout début de l’invasion russe qui a vraisemblablement pris les Américains de court. Lors de son audience au Sénat en mars 2022, Mme Nuland admet que des « installations de recherche biologique » ont fonctionné en Ukraine. En réponse à une question du sénateur Marco Rubio, elle exprime même sa crainte :

« Nous travaillons avec les Ukrainiens afin qu’aucun des matériels de recherche ne tombe aux mains des Russes. »

Tiens, tiens, tiens… Des biolabs…

Pas de bol pour la no 3 de la diplomatie américaine, des spécialistes militaires russes des armes de destruction massive ont analysé des documents obtenus auprès de membres du personnel des laboratoires ukrainiens. C’est ce qu’a déclaré le porte-parole du ministère Igor Konachenkov lors d’un point presse. Il a affirmé avoir détaillé « la mise en œuvre par les États-Unis en Ukraine d’un projet secret pour étudier les façons dont les humains peuvent être infectés par des chauves-souris. »

Des ricains, des biolabs, des chauve-souris…

Tu t’en doutes, les Américains en panique crient au mensonge, et affirment qu’il s’agit là d’une pure manipulation russe. L’argument de la guerre d’informations peut s’entendre, pourtant, le 23 février 2022, alors que Poutine décide de lancer son « opération militaire » de dénazification, le ministère de la Santé du gouvernement ukrainien lance une procédure de destruction d’urgence d’agents pathogènes biologiques utilisés dans ses laboratoires. Pour info, dans la liste des agents pathogènes visés, nous avons un joli cocktail :

  • C.diphtheriae gravis tox — 0-1101
  • C.diphtheriae mitis tox — 203 AH
  • C.pseudodiphtheriticum 02-92 z (9-61)
  • C.diphtheriae tox + NCTC 10648
  • Cdiphtheriae tox — NCTC 10356
  • C.xerosis NCTC 12078
  • B.liheniformis «C»
  • B.stearothermophilis BKM – B – 718
  • S.aureus.subsp.aureus ATCC 25923
  • E.Coli B
  • P.aeruginosa ATCC 27853
  • K.pneumoniae K — 56 N 3534/51

Malgré les efforts de l’occident pour effacer les traces, les Russes parviennent tout de même à mettre la main sur des documents, le temps fera alors toute la lumière, c’est une certitude. Comme une boucle ne demande qu’à être bouclée, dans un mémo tamponné le 11 janvier 2008, la DTRA du Département de la Défense américain (DoD) valide un projet de suivi et de transfert de souches pathogènes en Ukraine. Un accord de recherche signé entre The Science and Technology Center in Ukraine (STCU) et le US The Defense Threat Reduction Agency (DTRA) du Pentagone le 8 décembre 2008 nous rappelle étrangement une interaction entre les agences gouvernementales américaines et les objets biologiques ukrainiens déjà évoquée dans les chapitres précédents.

En clair, les laboratoires ukrainiens et les recherches sur les agents pathogènes financées par le gouvernement US nous ramènent à un fil rouge tiré bien plus tôt dans la pelote de laine. Un fil qui concerne Black & Veatch Research, le sous-traitant de Metabiota (la société financée par Hunter Biden)… Tu te souviens de l’histoire à tiroirs ?

Dans ma tête, sur le moment, ça a fait « Boom » !

J’espère que dans la tienne, tout s’assemble d’un coup. Si ce n’est pas encore tout à fait le cas, je te laisse le temps d’assimiler, en attendant sache que l’Ukraine est une plaque tournante de trafic d’organes pour de riches occidentaux, si bien que le Conseil européen a en déjà rédigé un rapport. L’Europe enquête également en Ukraine sur la traite des femmes et des mineurs, mais plus récemment sur un phénomène inquiétant : des bébés ukrainiens qui disparaissent. Et ce n’est pas pour le commerce autorisé des GPA assurées par la clinique BioTexCom même sous les bombes, non, l’Ukraine est devenue la capitale mondiale des cellules souches fœtales, notamment pour des essais dans l’industrie pharmaceutique (dans mon esprit, le fil rouge des vaccins Pfizer fait immédiatement le lien avec les « cellules HEK293T » dérivées de fœtus avortés, mais ce n’est qu’une pensée tordue sans fondement).

Toujours est-il qu’avec l’invasion russe, 4 millions d’ukrainiens – essentiellement des femmes et des enfants – ont dû trouver refuge à l’extérieur du pays, et l’ONG Magnolia estime déjà à 2 000 le nombre d’enfants ukrainiens dont on reste sans nouvelles. Sans parler des 100 000 enfants placés dans des orphelinats du pays, livrés à eux-mêmes, autant de proies faciles pour un réseau de pédophilie bien organisé.

Car on sait que l’Ukraine est un des plus gros pays producteurs de films pédopornographiques, je ne prendrai comme unique exemple que la condamnation en janvier 2014 à 30 ans de prison de Maksym Shynkarenko pour son serveur débordant de films à gerber. Un coup de filet qui a entraîné une centaine d’arrestations dans 47 pays, et notamment la condamnation de 560 « consommateurs » américains. Je pourrais te parler du combat de Karl Zéro illustrant la situation française qui n’est guère mieux, mais à ce stade de la pelote, je préfère réserver ce sujet pour un prochain livre, restons sur ce fameux conflit en Ukraine qui ressemble à une énorme boule puante.

Et à l’intérieur de cette boule, le tableau ne pourrait pas être complet sans évoquer le tristement célèbre ordinateur portable de Hunter Biden. Je te donne le fil rouge, et nous allons traverser tous les deux l’écran de fumée du conflit pour découvrir les vilains secrets liant la famille Biden à l’Ukraine, quitte à engager les États-Unis dans une éventuelle 3e Guerre mondiale…

Je ne m’aventure pas sur les photos des (très) jeunes femmes dénudées en compagnie du fils du président des États-Unis retrouvées sur son disque dur et son ordinateur portable, l’Histoire finira par te les révéler. Je vais plutôt m’attarder sur les liens d’intérêts qui sont des plus éclairants.  

Un e-mail fumant du 17 avril 2015 révèle comment Hunter Biden a présenté un certain Vadym Pozharskyi, à son père alors vice-président. Cette rencontre avec ce haut dirigeant d’une entreprise énergétique ukrainienne s’est déroulée moins d’un an avant que Joe Biden ne fasse pression sur des responsables gouvernementaux ukrainiens pour qu’ils licencient un procureur qui enquêtait sur l’entreprise (et donc sur le fiston).

L’entreprise en question est Burisma, Pozharskyi est un conseiller du conseil d’administration de cette boîte, Hunter est aussi au conseil d’administration de Burisma et il touche un salaire déclaré allant jusqu’à 50 000 $ par mois (alors qu’il n’a aucune compétence dans le secteur de l’énergie). Pure coïncidence, au même moment, le vice-président Joe Biden a été chargé de gérer l’Ukraine à la Maison-Blanche d’Obama, comme si financer Metabiota ne suffisait pas à tremper dans les magouilles ukrainiennes jusqu’au cou. Et cette situation a alerté quelques membres du parlement à Kiev, notamment le procureur général.

En Ukraine, le procureur, Viktor Shokin à l’époque, avait élaboré des « plans spécifiques » pour enquêter sur Burisma qui « incluaient des interrogatoires et d’autres procédures d’enquête criminelle sur tous les membres du conseil d’administration, y compris Hunter Biden ». Lorsque je te parle de pression de la part du père Biden, c’est donc auprès du président ukrainien de cette période (Petro Poroshenko) et le Premier ministre Arseniy Yatsenyuk, pour qu’ils se débarrassent du procureur général. Sinon quoi ?

La menace de Joe Biden était simple, il allait retenir une garantie de prêt de 1 milliard de dollars américains si les Ukrainiens n’obéissaient pas. Ça s’est passé lors d’un voyage à Kiev en 2015 et le vieux Joe n’y est pas allé par quatre chemins :

« Je les ai regardés et j’ai dit : je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas renvoyé, vous ne recevez pas l’argent. »

Biden a appuyé de toutes ses forces en incluant l’Europe à ses côtés pour que les investigations sur son fils cessent immédiatement en Ukraine. Avec tout le fric dépensé par les Américains (5 milliards) pour s’offrir le coup d’État de Maïdan… Inutile de te dire que Shokin s’est fait virer.

Officiellement, Burisma Holdings, la plus grosse société de gaz naturel d’Ukraine avait pour P.-D.G. Mykola Zlotchevsky, mais en réalité il se trouve qu’après une enquête menée par l’AntiCorruption Action Center, le véritable patron de Hunter Biden chez Burisma est un certain Ihor Kolomoïsky. Kolomoïsky est le troisième homme le plus riche d’Ukraine avec une fortune estimée à 2,4 milliards de dollars et a été nommé gouverneur de Dnipropetrovsk par le nouveau gouvernement en 2014.

Et comme le hasard fait bien les choses, c’est un ami de George Soros, comme je te le disais (il y a une éternité) au début de la pelote. En 2019, « Kolomoïsky a même fourni la sécurité, des avocats et des véhicules à Zelensky pendant sa campagne ». Le garde du corps et l’avocat de Kolomoïsky ont accompagné Zelensky pendant sa campagne électorale alors que Zelensky était conduit dans un Range Rover appartenant à l’une des sociétés de Kolomoïsky.

Les Pandora Papers divulgués par les ONG Soros ICIJ et OCCRP en 2021 « montrent que Zelensky et ses partenaires de la société de production télévisée Kvartal 95 ont mis en place un réseau d’entreprises offshore remontant au moins à 2012, l’année où la société a commencé à produire régulièrement du contenu pour les chaînes de télévision appartenant à Ihor Kolomoïsky… Les offshores ont également été utilisés par les associés de Zelensky pour acheter et posséder trois propriétés de premier ordre dans le centre de Londres. »

Tu comprends mieux pourquoi dans cette guerre froide qui ne dit pas son nom, les gentils ricains ont tout intérêt à rendre médiatiquement Poutine monstrueux ? Il serait dommage qu’on regarde ailleurs et qu’on découvre toutes les horreurs que cache une Ukraine « moderne » tournée vers Bruxelles…

Bruxelles, capitale de la Belgique qui s’est abstenue comme la France, et les pays de l’Europe lors du vote aux Nations Unies concernant une résolution de l’ONU condamnant le nazisme. C’est marrant quand même. Surtout que pour cette résolution l’Ukraine et les États-Unis ont voté contre.

Tu réalises alors que la « guerre » telle qu’on nous la vend au JT de TF1, est loin de ressembler à la réalité, tout comme les réels enjeux sont très loin de ce que veut bien te montrer la TV. Car il y a un nouveau mètre de laine qu’il nous faut tirer pour comprendre ce que dissimule ce battage médiatique qui ressemble comme deux gouttes d’eau à de la propagande :

Et si cette guerre répondait à d’autres savants calculs ?

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A propos de l'auteur

Matthieu Biasotto

Auteur indépendant toulousain, rêveur compulsif et accro au café. J'écris du thriller, du suspense avec une touche existentielle.

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